Première mondiale pour le colza

colza-sequence-travail-scientifique - Illustration Première mondiale pour le colza

Le génome du colza est désormais séquencé. Même si le travail des scientifiques peut paraître à cent mille lieux de nos champs, c’est une avancée majeure pour les améliorations variétales de la plante.

C’est un consortium international composé de 30 instituts de recherche qui a rendu public ces derniers jours le séquençage du génome du colza. Piloté par l’Inra et associant le CEA (Génoscope), le CNRS et l’université d’Evry, c’est une prouesse technique française. Tout se passe à une échelle microscopique : chaque cellule végétale contient dans son noyau des chromosomes. Ils sont composés d’une longue molécule d’ADN enroulée sur elle-même  et construite par une suite de bases azotées que sont l’adénine, la thymine, la guanine et la cytosine. Les gènes de la plante sont créés suivant l’ordre de ces bases azotées de la longue chaîne de la molécule d’ADN. C’est donc toute la suite de ce séquençage que les chercheurs mondiaux ont réussit à lire. « Après 5 ans de travail, nous sommes parvenus à établir la carte d’identité complète du colza. Ce sont donc 101 000 gènes qui ont ainsi pu être décryptés.

Il faut maintenant s’attacher à l’analyse de ces différents gènes », explique Boulos Chalhoub, de l’Inra d’Evry. Ces gènes, dont 85 % s’expriment, proviennent de l’addition des gènes des deux parents originels du colza : chou et navette (ou chou chinois). Cette découverte ouvre des perspectives, notamment en termes d’amélioration de la teneur et de la composition en huile dans le grain du colza, de sa résistance aux maladies, de sa tolérance au froid ou encore de son rendement. « Le colza a dans son patrimoine génétique plus de 1 600 gènes impliqués dans la synthèse de l’huile, alors que le palmier à huile n’en a que 500. Cette diversité de gènes représentent autant de leviers pour l’amélioration variétale », note le chercheur. Le colza aurait accumulé au cours de son évolution 72 génomes ancestraux, résultat de nombreux cycles de polyploïdisation (multiplication du nombre des chromosomes), faisant de son génome l’un des plus hautement dupliqués et des plus denses en gènes chez les plantes à fleurs. Par comparaison, seulement 20 000 à 25 000 gènes ont été identifiés dans le génome humain.

Origines récentes

Le colza est une plante cultivée considérée comme récente, car datée aux environ de 5 500 ans avant notre ère. Sa culture remonte seulement au moyen-âge et était surtout utilisé pour les lampes à huile. Il s’est surtout développé à la seconde moitié du 20e siècle. Avec 31 millions d’hectares cultivés de nos jours dans le monde, dont 1,6 millions d’hectares en France, cette découverte aura de nombreuses répercutions sur les futures semences. Fanch Paranthoën


Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article