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Porc : moins 20 % de prix du kilo, par rapport à l’an dernier

L’export est vital pour la filière porcine française et européenne. L’embargo russe qui impacte déjà les cours risque de peser encore plus dans les prochaines semaines.

Le cours accuse une nouvelle baisse de 1,2 cent ce lundi, au marché du porc breton. Il est passé sous la barre des 1,40 cts/kg. L’année dernière, à la même date, il était à 1,73 cts/kg, soit 20 % de baisse. Le marché est modestement fourni, mais l’embargo russe pèse sur le commerce. Directement, car la France ne peut plus exporter mais aussi indirectement. « Les exportations de l’Allemagne vers les pays tiers (hors Union européenne) ont chuté de 16 % », indique Jean-Pierre Joly, directeur du Marché du porc breton (MPB). « Ces volumes se retrouvent dans les pays de l’Union ». Les exportations vers les Philippines, la Corée ou le Japon sont en augmentation en volume mais ne compensent pas la perte du marché russe, d’autant plus qu’il ne s’agit pas des mêmes pièces (moins bonne valorisation globale de la carcasse). L’automne approche. Une saison où les achats russes sont habituellement importants. On pourrait assister, à l’échelle mondiale, à un jeu de chaises musicales.

Jack-pot pour les éleveurs américains indemnes de DEP

La diarrhée endémique porcine (DEP), qui affecte l’élevage américain a également des conséquences sur le marché. « Le poids d’abattage est en augmentation de 15 % aux États-Unis », indique Daniel Picart, président du MPB. Ils compensent ainsi, en partie, les pertes de volume de viande occasionnées par la mortalité dans les élevages affectés. Jackpot pour les élevages qui échappent à la DEP. Ils ont du volume et des prix très élevés. « Les américains ont stocké de la viande congelée au lieu de l’exporter. Il y a une rupture d’approvisionnement dans les pays d’Amérique du Sud et au Mexique, qui commence aussi à subir la DEP. À moyen terme, on peut imaginer que le Brésil approvisionne la Russie, laissant une ouverture pour nos produits en Amérique du Sud. Ce n’est qu’un mince espoir », précise le président. Les contours du prometteur marché chinois restent toujours aussi flous…. Dans l’immédiat, deux abattoirs de ce pays viennent d’être agréés, ces derniers jours, pour exporter vers la Russie, qui recherche activement de nouveaux fournisseurs.

Reprise de Gad

À ces incertitudes, s’ajoute l’attente des négociations concernant la reprise de l’abattoir Gad, à priori en bonne voie. L’abatteur de porcs a décidé de ne plus s’approvisionner auprès du MPB. Cette absence a quelque peu bouleversé le paysage et il aura fallu de longues discussions avec la Fac (Fédération des acheteurs au cadran) avant de débuter la séance du 28 août. « L’essentiel, c’est que l’abattoir soit repris et que le repreneur (SVA Jean Rozé, filiale d’Intermarché), soit acheteur au MPB ». En août, le site Gad de Josselin avait réduit son rythme d’abattage de 30 000 à 23 000 porcs par semaine. Un problème qui coûte aussi quelques centimes par kilo aux producteurs. Au rayon des bonnes nouvelles, la consommation française se maintient. « Raison de plus pour miser sur le patriotisme de nos concitoyens en promouvant la viande produite en France (VF) ». Bernard Laurent

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