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Porc : l’exportation amène des solutions

La coopérative fait un point sur la sombre année écoulée, en regardant les éclaircies récentes favorisées par le marché export.
De gauche à droite : Rémi Berthevas, responsable technique, Jacques Guéguen, directeur, François Pot, président et Philippe Bourhis, vice-président.
De gauche à droite : Rémi Berthevas, responsable technique, Jacques Guéguen, directeur, François Pot, président et Philippe Bourhis, vice-président.

Alors qu’un frémissement se fait sentir au Marché du porc breton, le groupement de producteurs Porélia tenait son assemblée générale à Pleyben (29). « Des perspectives s’ouvrent en ce moment, mais il faut que les politiques rebondissent et prennent les mesures qui s’imposent sur l’embargo russe et sur l’étiquetage de la mention d’origine. Nous sentons que l’export amène les solutions. Soyons ouvert au monde, en étant compétitif. Je suis optimiste, mais tout en étant réaliste », explique François Pot, président du groupement de producteurs.

Retour sur une année particulière

2015 a connu son flot d’événements sans précédent pour la profession. 6 éléments marquants ont rythmé l’année, comme « la décapitalisation en Chine, avec une baisse de 7 à 11 millions de truies, la parité euro/dollar favorable aux exportations, une évolution positive de ces exportations dans l’Union européenne », énumère Rémi Berthevas, responsable technique. À cela s’ajoute l’embargo Russe, la fin des diarrhées épidémiques porcines aux États-Unis, ou encore la hausse de production dans l’Union européenne, estimée à + 6 millions de porcs, essentiellement réalisée par les producteurs espagnols.

Du côté des perspectives pour les années à venir, la coopérative regarde du côté de la Chine, qui souffle actuellement un vent favorable et fait remonter les cours. « La France exporte aujourd’hui 4 millions de tonnes de viandes, toutes espèces confondues. À l’horizon 2020, ce chiffre passera à 10 millions », estime Jacques Guéguen, directeur. Avec la décapitalisation en Chine, l’exode rural et la fin de la politique de l’enfant unique, ces volumes sont à la hausse.

Inciter les éleveurs à sortir

Porélia a mis en place au cours de l’année des rencontres entre éleveurs, avec « une analyse personnelle de son EBE. Tous les postes sont regardés, afin d’échanger entre producteurs. Il est important de montrer la voie dans un contexte hyperconcurrentiel. Nous incitons nos éleveurs à sortir. La formation est importante », insiste Jacques Guéguen. La stratégie semble payante, car la marge moyenne pour 100 kg de carcasse des producteurs de Porélia atteint 51,7 €, quand la moyenne bretonne est à 45,90 €. « Le coût de l’aliment pour 100 kg produits est de 84,32 € en moyenne, soit près de 3,90 € de moins que la moyenne régionale.

Le lien au sol est plus important chez les producteurs, avec plus de fabrication d’aliment à la ferme », explique Philippe Bourhis, vice-président. « Avec des perspectives qui s’ouvrent, nous ne sommes pas là pour vendre du rêve. Nous sommes indispensables à l’économie bretonne. À nous de savoir rester ouvert au monde, en étant compétitif sur nos prix de revient », conclut François Pot.

Porélia en chiffres

• 220 adhérents naisseurs engraisseurs, de toute taille d’élevage,
• 950 000 porcs charcutiers,
• 2 sites : Pleyben, Guingamp, 42 salariés.

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