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Le sursemis de prairie en pratique

Pratiquer le sursemis pour regarnir une prairie est une technique à explorer. Reste que la réussite n’est pas systématique.

Réduction des coûts d’implantation des prairies, rapidité d’exécution, possibilité de continuer les cycles de pâturage sans attendre que la nouvelle prairie produise : le sursemis aurait-il que des avantages ? En théorie, oui, mais en pratique, la technique est délicate à mettre en œuvre et les résultats s’avèrent aléatoires.

Mettre les conditions de son côté

La germination des graines n’est pas une garantie de succès du sursemis. Pourquoi ? Parce qu’une sécheresse peut venir anéantir les jeunes pousses ; parce qu’une vieille végétation trop dense et pas assez rase peut étouffer les frêles plantules après germination ; parce que les limaces se régalent de cette herbe tendre et plus particulièrement du trèfle. Les dégâts peuvent être redoutables, notamment le long des talus. « L’idéal est de mélanger l’anti-limaces à la graine, à la dose de 5 kg/ha », conseille un agriculteur qui participait à la démonstration organisée à Gourlizon, par la FDCuma. Pour autant que la technique est considérée comme aléatoire certains agriculteurs réussissent bien le sursemis. Son succès dépend fortement des facteurs climatiques tels que la température, l’humidité et la luminosité, comme l’ont rappelé les différents intervenants présents à la démonstration.

Les clés du succès

  • Semer dans une végétation rase.
  • Intervenir en conditions favorables : chaleur, humidité.
  • Protéger contre les limaces.
  • Choisir des espèces agressives à implantation rapide.
  • Ne pas semer à plus d’un centimètre de profondeur et bien rappuyer la gaine.
  • Ne pas apporter d’azote.

Au printemps ou à l’automne

En pratique, le sursemis peut se réaliser à deux périodes de l’année : soit au printemps, soit en fin d’été début automne. « Au printemps, il doit être réalisé le plus tôt possible après la sortie de l’hiver avant que la végétation ne redémarre, voire après une exploitation précoce ». Afin d’éviter que les plantules ne soient étouffées par la végétation en place, il est impératif d’éviter les apports d’azote. Une des clés de la réussite de la technique, c’est l’accès à la lumière des jeunes plantes, il est donc primordial d’avoir des vides dans le gazon. Tout comme il est préférable d’utiliser des espèces et des variétés agressives.

Les graines doivent être rappuyées pour être en contact franc avec l’humidité. Certains éleveurs comptent sur le piétinement des animaux pour rappuyer la graine. Aujourd’hui, des matériels spécifiques assurent un enfouissement idéal des graines comme l’ont montré les agriculteurs et les constructeurs présents à Gourlizon. «Ailleurs dans le monde, le sursemis est généralisé. Il n’y a pratiquement que chez nous que l’on réalise des semis de prairie après labour », fait remarquer un commercial en matériel.
Aujourd’hui, la technique du sursemis peut aussi être une alternative pour rénover des prairies qui, pour des raisons réglementaires, ne peuvent pas être retournées. Didier Le Du

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