Productions Agricoles

La génétique porcine signe une Charte sanitaire

Avec la démarche Engagement qualité sanitaire France, OSP et CIA s’engagent dans une démarche volontaire dans la surveillance de pathologies non réglementées, le SDRP en particulier, dans les élevages de sélection et multiplication.

« En France, les élevages de sélection et les CIA offrent un très haut niveau de sécurité sanitaire face aux pathologies  règlementées et au virus SDRP pour lesquels des contrôles ont toujours été menés sur truies et issus en fermes de sélection, explique Isabelle Corrégé, vétérinaire à l’Ifip. A l’opposé, aujourd’hui, il arrive que de la semence que nous ne pouvons pas tracer ou des cochettes et des reproducteurs dont nous n’avons pas une connaissance approfondie du statut sanitaire entrent sur le territoire ». « Dans d’autres pays européens, le recours à des vaccins vivants sur les animaux est autorisé. Que ce soit par le biais de la vaccination ou par voies naturelles, le risque d’importer des souches virales très virulentes présentes chez certains de nos voisins n’est pas nul. » Alors que les maladies dites de catégories I (maladie d’Aujeszky, brucellose et peste porcine classique) sont soumises à déclaration et font l’objet de plans de surveillance cliniques et sérologiques règlementés, pour les autres pathologies (SDRP, Actinobacillus pleuropneumoniae –  App, rhinite atrophique, pneumonie…), un consensus entre les OSP (Organismes de sélection porcine) a permis depuis longtemps d’établir des modalités  de contrôle communes.

Standardiser la surveillance

C’est dans ce contexte que la signature de la démarche EQS pour « Engagement qualité sanitaire France », charte concernant les maladies non réglementées (SDRP, App…), a été dévoilée le jeudi 6 février dans les locaux de l’Institut du porc au Rheu (35). « Aux côtés de l’Ifip, toutes les OSP et les CIA agréés en France ont signé, sur la base du volontariat », explique l’éleveur finistérien Jean-Yves Guillerm, président d’ADN et de l’Agence de sélection porcine (ASP). Rappelons au passage que l’Agence, qui regroupe les 9 OSP agréés par le ministère de l’Agriculture, joue un rôle d’interface avec ce dernier et accompagne l’évolution des structures génétiques dans l’Hexagone. Jusqu’à aujourd’hui, chaque entité « œuvrait pour une maîtrise du SDRP selon des modalités de contrôle très voisines. L’idée est de mettre en commun un socle minimum afin de standardiser les protocoles de contrôle et de les fédérer dans cette charte EQS ». Cette dernière définit en détails les actions minimales à réaliser pour s’assurer de la maîtrise du risque vis-à-vis du SDRP aux différents stades de la diffusion de la génétique française.

OSP et CIA signataires

  • Organismes de sélection porcine (OSP) : ADN, Bretagne Porc Sélection, Choice Genetics, Gene+, Horizon+, Pic, Hypor, Topigs et Nucléus.
  • Centres d’insémination artificielle (CIA) : Amélis, Agrogènes, Cecna, La Fennetrie, CIA Quefferon, CIA du Perche, Cobiporc, Gènes Diffusion, Elitest, Inpig, Porcigène, France Gènes, Inra.

Sur les exploitations, en CIA et à l’abattoir

Ces actions (fréquence et nombre d’animaux testés, âges au contrôle, types d’analyse…) varient en fonction de la catégorie de l’élevage (naisseur-engraisseur, engraisseur, naisseur…), de son implantation géographique (zones à risques ou non). En exploitation donc, mais aussi au niveau des CIA : « Par exemple concernant la gestion de la quarantaine à l’entrée des verrats en centre. Face à des résultats de tests négatifs au départ, on cherche à s’affranchir du risque lié à une contamination transport ou à des animaux qui auraient été contrôlés sur la période de séroconversion qui dure tout de même une dizaine de jours… Le risque 0 n’existe pas en matière sanitaire ; les doubles contrôles imposés aux CIA ont toujours permis de confirmer ce statut indemne », explique le Dr Isabelle Corrégé. Pour l’Actinobacillus pleuropneumoniae, l’EQS définit également la surveillance clinique (visites trimestrielles, contrôle de poumons) et sérologique par le vétérinaire. A l’avenir, d’autres structures, étrangères notamment, auraient la possibilité d’adhérer à cette Charte pour pouvoir importer des verrats sur le territoire français.  « A condition d’avoir été préalablement agréée par le ministère de l’Agriculture », conclue Jean-Yves Guillerm. Toma Dagorn

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