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De nouvelles filières de féverole et de lupin dans l’Ouest

Lin Tradition Ouest a fait évoluer ses statuts pour créer de nouvelles filières avec le lupin et la féverole, comme alternative au soja importé.

Lin Tradition Ouest travaille depuis 10 ans au développement de la filière lin dans l’Ouest de la France. Sa démarche lui a permis de rassembler autour d’une table des semenciers, cinq organismes collecteurs, le transformateur Valorex et des producteurs. Forte de cette expérience, l’association a modifié ses statuts le 16 janvier, devenant Graines Tradition Ouest (GTO), pour structurer et développer de nouvelles filières végétales en Bretagne et Pays-de-la-Loire, notamment avec le lupin et la féverole. « Dépendant des importations de protéines végétales, nous avons un défi à relever pour gagner en autonomie », affirme Philippe Chuberre, président de GTO.

Assurer le revenu du producteur

La valorisation des céréales de vente ces dernières années a délaissé ces cultures protéagineuses. Mais dans le cadre de la réforme de la Pac, elles pourraient être prises en considération dans les exigences de verdissement et validées comme surface d’intérêt écologique. De plus, la contractualisation assurée par la filière garantit aux producteurs un prix minimum, fixé par la filière selon la rentabilité des autres cultures.

Des plates-formes d’essais dès le printemps 2014

Graines Tradition Ouest a pour objectif d’arriver à un emblavement de 1 200 ha de lin et 800 ha en lupin et féverole en Bretagne et Pays-de-la-Loire pour 2015. Pour relancer l’intérêt de ces cultures, sept lycées agricoles bretons et des agriculteurs vont mettre en place des plateformes d’essais qui permettront de tester divers itinéraires culturaux et de valider l’adaptation des variétés à la région, dans un objectif de rendement protéique et de rentabilité de la culture. Côté transformation, des travaux de recherche et développement sont également en cours pour optimiser les rendements de digestibilité des protéines pour les animaux.

Des atouts agronomiques à valoriser

Ces deux plantes ont été retenues pour leur richesse en protéine dans la graine, avec 33 % pour le lupin et 25 % pour la féverole, contre 18 % pour le colza. Dans l’assolement, elles devraient permettre de « mettre en avant la rotation dans l’exploitation et pas se baser uniquement sur une approche de la culture dans l’année », insiste l’agriculteur. Et de continuer « même si s’approprier une nouvelle culture, c’est parfois un nouveau métier ». C’est ainsi que sur son exploitation laitière, à l’EARL de la Guinebaudière à Saint-Grégoire (35), Philippe Chuberre sème 4 ha de lin et envisage d’introduire de la féverole. La diversité de la rotation lui permet d’assurer le retour des cultures de lin et colza sur une même parcelle tous les 4 à 5 ans.

Les atouts sont nombreux, et tout particulièrement au niveau de la gestion des intrants. Appuyant sa réflexion sur une démarche raisonnée, ces productions lui permettent d’économiser du temps par moins de passages dans les champs via la fertilisation et des traitements phytosanitaires moindres. « Cassant les cycles des mauvaises herbes, la pression adventice est plus faible », témoigne-t-il.  De plus, les systèmes racinaires différents ont aussi un effet sur la structure du sol. Un effet non négligeable pour envisager à court terme de simplifier les techniques d’implantation des cultures. Côté rendement, les effets sont difficiles à quantifier sur l’exploitation. Mais une chose est sûre, selon Philippe Chuberre « on n’est jamais déçu  par un blé après du lin ». Carole David

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