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Porc : la cohérence d’abord

La cohérence globale du système d’exploitation contribue au résultat final des élevages de porcs.

Dégager un revenu du fruit de son travail est l’aspiration de tout chef d’entreprise. Les stratégies mises en œuvre par les éleveurs de porcs pour y parvenir restent multiples, comme en témoigne l’étude réalisée par CerFrance sur les résultats des producteurs spécialisés du Finistère. Présentée lors de la journée régionale porcine, organisée par les Chambres d’agriculture à Pontivy le 22 novembre dernier, elle met en lumière les caractéristiques et atouts des exploitations les plus performantes économiquement.

Un écart de 15 €/100 kg net et par an

Les exploitations identifiées comme étant les plus performantes économiquement dégagent un résultat supérieur de près de 15 € pour 100 kg de carcasse par rapport aux moins performantes. Ce constat, dressé sur la période 2012-13, est confirmé par une analyse sur cinq ans. C’est l’équivalent de 70 000 € chaque année par UTH exploitant ! Près de 80 % de l’écart de résultat s’explique au niveau de la marge brute de l’atelier porc. Une productivité numérique plus élevée (1,6 porcs de plus par truie), un poids de vente des porcs supérieur et une meilleure plus-value contribuent à dégager plus de produits chez les plus performants. Un indice de consommation plus faible (2,81 contre 2,97 pour les moins performants) et un prix de l’aliment moins cher réduisent le niveau des charges opérationnelles.

Au niveau des charges de structure, les exploitations plus performantes font des économies sur plusieurs postes : travail à façon pour l’engraissement des charcutiers, coût de traitement du lisier, frais financiers. Le tout pour 4,5 €/100 kg de carcasse. Par contre, ces exploitations ont dépensé plus dans l’entretien de leurs installations, ont des amortissements élevés et un coût de main-d’œuvre supérieur.
Au-delà de l’atelier porc, l’écart de résultat apporté par le foncier (marges cultures, DPU) équivaut à 1,3 €/100 kg de carcasse.

Liens entre le niveau de performance économique et différents critères caractérisant les exploitations
Liens entre le niveau de performance économique et différents critères caractérisant les exploitations.

Viser un équilibre global

La technique reste un levier important pour être performant. Malgré tout, le lien avec la performance économique n’est pas toujours si évident. En 2012-13, parmi les exploitations qui réalisent les meilleurs résultats techniques, 41 % font partie du groupe « performance + » mais 11 % se retrouvent dans le groupe « performance – ». Garder une cohérence entre les charges engagées, les  performances techniques dégagées et la productivité du travail, c’est bien là tout l’équilibre à trouver. Une certitude néanmoins : le prix de l’aliment des dernières années rend très difficile la performance économique sans maîtrise du coût alimentaire.

Les exploitations « performance + » sont deux fois plus nombreuses que les « performance – » à fabriquer au moins la moitié de l’aliment consommé. Les matières premières sont majoritairement achetées auprès de voisins ou de négociants, la part d’autoproduction restant limitée dans tous les cas. La conjoncture récente a accru la rentabilité et l’attractivité du foncier. La fabrique d’aliment reste malgré tout à maîtriser. Elle nécessite de la main-d’œuvre et un bon suivi du marché des matières premières. L’analyse sur plusieurs années démontre, par ailleurs, que la taille de l’atelier n’est aucunement en lien avec le résultat de l’exploitation.

Conserver une marge de sécurité

Rester performant, ou le devenir, est un challenge permanent. Mesurer ses performances, suivre leur évolution dans le temps, se positionner par rapport aux autres, identifier ses marges de manœuvre permettent de continuer à progresser. Une majorité des élevages performants d’aujourd’hui l’était déjà il y cinq ans. Ceci est également vrai pour les moins performants. Accompagner chacun dans une démarche de progrès, c’est bien l’ambition des structures techniques et économiques qui suivent les élevages.

Conserver une marge de sécurité, ne pas saturer sa capacité de remboursement permet de passer les crises plus facilement. La sécurité financière à viser est, a minima, de 15 à 30 €/100 kg de carcasse. Dégager une capacité d’autofinancement permet aussi d’investir régulièrement dans son outil et d’étaler les investissements. La politique d’investissement et de financement reste déterminante dans l’équilibre financier des exploitations. Véronique Kerlidou /CerFrance Finistère

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