La sécheresse a marqué les esprits et asséché les trésoreries. Ses conséquences pèseront encore dans les prochains mois, particulièrement dans les élevages de ruminants, où le manque de fourrage se conjugue à la baisse des prix agricoles.
Ce qui compte, c’est de faire arriver les financements
Dans le Grand Ouest, les réserves sont déjà bien entamées et les espoirs de repousse restent suspendus à la pluie. « Nos inquiétudes perdurent », alerte Anthony Ménard, président de la FRSEA des Pays de la Loire, qui s’exprime au nom des trois régions de l’Ouest. Le plan annoncé par le gouvernement ne suffira pas, préviennent les responsables syndicaux, réunis en conférence de presse mardi. « Le compte n’y est pas », insiste Jocelyn Dubost, président de Jeunes Agriculteurs, qui redoute que certains exploitants ne puissent pas repartir.
Des prêts sans attendre
Pour passer le cap, les deux syndicats réclament un volet bancaire. « Les établissements bancaires sont prêts. Nous sommes prêts », lance Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. L’objectif est d’obtenir rapidement des prêts à taux zéro. Pas question d’attendre le prochain budget : « Les décisions de gestion se prennent maintenant ». Le responsable espère des annonces gouvernementales dès la fin de la semaine. Ce levier ne répondra toutefois pas à toutes les situations. Certains agriculteurs ne peuvent plus emprunter, reconnaît-il. Il faut donc aussi verser rapidement les aides dans les fermes. Au-delà de l’urgence, les syndicats attendent un plan de rebond assorti de crédits effectivement mobilisables. « Ce qui compte, c’est de faire arriver les financements », résume Arnaud Rousseau.
Accélérer sur l’eau
L’autre urgence pour le syndicat majoritaire porte sur le stockage de l’eau. Arnaud Rousseau réclame la publication rapide des décrets de la loi d’urgence agricole, avec des avancées concrètes d’ici la fin de l’année. L’adaptation passe également par les bâtiments d’élevage : ventilation et aspersion doivent permettre de mieux affronter les fortes chaleurs. Mais investir suppose des moyens. Pour Jocelyn Dubost, cette crise doit accélérer l’adaptation des fermes, à condition de leur donner les moyens de rebondir.
Didier Le Du
Aider le surstockage
Constituer davantage de réserves de fourrage suppose de mobiliser de la trésorerie. Les syndicats demandentun soutien au surstockage, notamment fiscal. « On a besoin de défiscaliser les stocks », souligne LaëtitiaBouvier, présidente de la FRSEA Bretagne, pour sécuriser les besoins de l’année suivante.

