Sur des coteaux exposés Nord de la vallée de la Vilaine, des châtaigniers plantés en 2020 portent des bogues prometteuses en cette fin d’été. Plantés en ligne, dans des parcelles dédiées aux céréales, ils représentent l’avenir de la Ferme des Écureuils. « Depuis 3 ans, nous louons des vergers à Redon », indique Jean-Baptiste. « Nous transformons 6 tonnes de châtaignes chaque année ». L’objectif est d’en travailler trois fois plus, grâce à la production sur le site. Le couple a acheté cette ancienne ferme laitière d’une soixantaine d’hectares, il y a sept ans, pour développer son projet et s’est formé en Dordogne, l’une des principales régions castanéicoles de France.
Des rendements de 2 à 5 tonnes par hectare
Des variétés résistantes
Les variétés choisies sont résistantes à la maladie de l’encre, contre laquelle il n’existe aucun traitement. « Le cynips, l’un des principaux parasites du châtaignier, est présent dans la plantation mais l’insecte prédateur, qui se nourrit de ses larves, également », rassure le producteur bio. La fertilisation repose sur les apports de fumiers au pied des arbres et sur l’élevage de moutons. « L’un de mes voisins parque ses animaux dans mes parcelles en hiver, sur des couverts végétaux ». Un apiculteur voisin dispose des ruches près des parcelles pour favoriser la pollinisation. L’irrigation semble de plus en plus indispensable pour les jeunes plants, malgré le choix de parcelles aux sols profonds, idéalement exposées au Nord. « Nous avons une petite réserve que nous espérons pouvoir agrandir prochainement ». C’est à ce prix que les néo-castanéiculteurs peuvent espérer atteindre des rendements de 2 à 5 tonnes par hectare.



Un travail mécanisé
La récolte est réalisée manuellement par une équipe de saisonniers, lorsque les bogues sont au sol : « Près d’une centaine de kilos ramassée par personne et par jour », précise Jean-Baptiste. Commence ensuite un travail essentiellement mécanique, dans le hangar de la ferme. « Nous avons investi dans cet atelier en priorité ; tout notre matériel de culture est en Cuma ». Les châtaignes sont placées dans un bac de trempage qui permet d’éliminer les véreuses, qui flottent et qui sont dirigées vers un circuit dédié. Les fruits sains sont calibrés avant d’être stockés dans la chambre froide. L’épluchage mécanique est réalisé à la mi-octobre. Les fruits sont ensuite brossés pour éliminer les peaux qui peuvent altérer le goût, en raison de leur amertume. Un second tri est réalisé manuellement avant la mise en bocaux ou la transformation en purée, en compote, en crème, en sirop, en velouté ou en farine. Ces préparations sont parfois associées à d’autres fruits : pommes, potirons… avant leur conditionnement.
Tous les produits sont vendus en direct
La Ferme des Écureuils produit aussi des lentilles, du colza, du tournesol, du sarrasin, du blé et de l’orge. Toutes ces denrées sont transformées sur place et vendues en direct sous forme de préparations cuisinées, de farines ou d’huiles (pressage sur le site). Les livraisons sont effectuées une fois par semaine dans des magasins de producteurs, dans des crêperies, dans des Biocoop et dans des cantines scolaires du Morbihan, d’Ille-et-Vilaine et d’une partie des Côtes-d’Armor. Depuis 2022, Ludivine et Jean-Baptiste proposent leur gamme de produits dans un magasin de producteurs d’Arzal, à une dizaine de kilomètres, créé avec quatre autres agriculteurs. Après un démarrage laborieux, le magasin tourne désormais à plein régime, avec un gérant et deux salariés. 120 producteurs du secteur assurent l’approvisionnement. « C’est une manière de promouvoir l’agriculture locale », assure Jean-Baptiste. Plus de 2 000 produits y sont référencés.
Bernard Laurent
Deux modalités de plantation
Sur la Ferme des Écureuils, les châtaigniers sont plantés selon deux modalités. Dans la première, ils sont en rangs espacés de 14 mètres et de 12 mètres dans chaque rang. À moyen terme, ces arbres couvriront l’ensemble de l’espace au détriment des cultures. Dans la seconde, les rangs sont espacés de 32 mètres et de 10 mètres dans les rangs. Ces parcelles resteront favorables aux cultures.

