Le collectif pour réduire les phytos

Éleveur à Iffendic (35), Didier Besnard travaille depuis de nombreuses années à la réduction des traitements sur son exploitation. Adhérent au Ceta 35 depuis 2003, il profite des expériences de groupe pour avancer plus vite.

étudiants dans parcelle de blé - Illustration Le collectif pour réduire les phytos
La plateforme expérimentale de Montauban-de-Bretagne a été visitée par les BTS du lycée La Touche. | © Paysan Breton

« J’ai décidé de réduire les traitements afin d’alléger ma charge de travail et de limiter mon exposition aux produits », explique Didier Besnard, agriculteur à Iffendic (35), lors d’une journée technique organisée par le Ceta 35. Membre du groupe Ecophyto animé par l’association depuis 2011, il a mis en place au fil des années de nombreux leviers pour diminuer son indice de fréquence de traitement. Aujourd’hui, il a quasiment divisé par deux ses interventions phytosanitaires. Le choix variétal constitue la pierre angulaire de son itinéraire technique en blé. « Je privilégie des variétés rustiques, résistantes à la septoriose et aux rouilles. Je sème systématiquement un mélange de trois à cinq variétés différentes, à 250-270 g/m2. » L’éleveur ne se précipite pas non plus pour semer. Cette stratégie lui permet de limiter la pression du ray-grass et de se passer d’insecticide. Selon lui, la Toussaint reste un bon repère pour sortir le semoir.

Travailler à la molécule

« Pour désherber efficacement, il faut intervenir tôt », insiste Didier Besnard. « Cela implique de savoir identifier les adventices à un stade jeune et de maîtriser les bonnes pratiques de pulvérisation. » L’agriculteur utilise également des adjuvants, comme de l’huile ou du sulfate d’ammoniac, afin d’optimiser l’efficacité des traitements. « J’utilise toujours les mêmes matières actives. À force, on finit par connaître parfaitement leur fonctionnement. En revanche, je trouve que les changements fréquents de noms commerciaux sont une catastrophe pour la réduction des doses. » Concernant les fongicides, un seul traitement à dernière feuille étalée est réalisé. « Selon les années et la pression des maladies, on a parfois quelques sueurs froides », lance-t-il. « Dans ce genre de système, on réduit les traitements, mais on accepte aussi de prendre davantage de risques. »

Continuer à se former

Adhérent au Ceta 35 depuis 2003, Didier Besnard assure qu’il n’aurait pas connu la même carrière sans le groupe. « Cela m’a aidé à faire les bons choix pour gagner en autonomie financière mais aussi en autonomie de décision. Dans notre métier, il est fondamental de continuer à se former. Enfin, notre groupe WhatsApp permet d’être réactifs sur les questions des marchés, de l’administratif ou encore des attaques d’insectes ou de maladies. »

Alexis Jamet

Observer pour mieux conseiller

La plateforme expérimentale du Ceta 35 comprend un essai variétal, un essai fongicides et un essai fertilisation en blé. « Notre objectif est de conseiller nos adhérents sur des mélanges variétaux performants et rustiques », affirme François Chevalier, ingénieur cultures au sein de la structure. « Nous évaluons également différentes stratégies de lutte contre les maladies, et mesurons l’impact des différentes formes d’engrais ainsi que leur place dans l’itinéraire technique. »


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