Le 100 % mécanique a fonctionné

La parcelle de maïs de Laurent Abily a été désherbée en 100 % mécanique. Le recours à des solutions chimiques était possible, mais n’a pas été nécessaire.

Deux hommes dans une parcelle de maïs - Illustration Le 100 % mécanique  a fonctionné
Laurent Abily (à gauche) et Yann Evenat, dans la parcelle concernée, le 9 juillet. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

Laurent Abily s’était essayé au désherbage mécanique de son maïs il y a 20 ans. « À l’époque, nous n’avions pas les compétences, les outils. De plus, l’année était humide », se souvient l’agriculteur de Plabennec (29). Les choses semblent avoir bien changé. En ce début de juillet, une de ses parcelles a été nettoyée par différents passages de herse étrille, puis un binage. L’éleveur se dit très satisfait du résultat ; il a été accompagné par Yann Evenat, du Gab 29 qui a suivi ses parcelles, et déclenché les interventions avec des Cuma et des ETA partenaires quand cela était nécessaire. Ce dispositif mis en place avec le Syndicat de bassin versant de l’Élorn a été pris en charge à 100 %. En cas de décrochage de la stratégie de désherbage, un rattrapage chimique restait possible. Cela n’a pas été le cas ici.

Nous n’avons pas pu passer la houe, la culture a poussé très vite

Bien préparer sa parcelle

Le Finistérien n’avait pas retenté l’expérience d’utiliser des outils pour désherber ses parcelles car il sème en direct ses cultures. Le travail du sol est donc banni. « Je ne veux pas perturber les carabes ». Mais l’opportunité s’est présentée cette année, avec la reprise de terres. « On ne pouvait pas semer en direct, il fallait passer par un labour pour rattraper les trous et les bosses ». Le passage d’une charrue a permis de remettre à plat le champ.
Après le semis du 19 mai (précédent orge puis un couvert de phacélie), un premier passage de herse étrille a été effectué au 3 juin. « Nous n’avons pas pu passer la houe car la culture a poussé très vite », explique Yann Evenat. La seconde intervention a été réalisée au 11 juin, puis 5 jours après.
Enfin, le binage est venu terminer les opérations le 25 juin. « J’ai apprécié l’œil d’expert de Yann, c’est une réussite », félicite Laurent Abily. De son côté, le technicien du Gab salue l’équipement « de la Cuma de la Mignone du Tréhou (29) avec sa herse Treffler à réglage hydraulique, qui fait de l’excellent travail. De nombreuses ETA sont également équipées et travaillent de concert avec nous ». Dans ce territoire nord-finistérien, l’ETA Buguel, l’ETA Gestin et l’ETA des Abers font partie des prestataires capables de désherber mécaniquement.
Sur les parcelles suivies par le technicien, celles qui ont décroché en chimie l’on fait car « des attaques de mouches avaient fait trop de dégâts, ou la culture avait été semée trop tôt. La troisième cause de décrochage provenait de la rotation, avec des maïs sur maïs », conclut-il.

Fanch Paranthoën

Lever les freins

Yann Evenant estime que l’année 2026 et sa météo étaient très propices au désherbage mécanique. « Malgré ces conditions favorables, nous n’avons pas constaté d’augmentation de surface concernée par ce dispositif, même si le 100 % mécanique est financièrement pris en charge ». Dans les freins au recours à cette méthode, le technicien évoque des appréhensions par méconnaissance, ou encore la peur de rater son désherbage à la suite du retrait de molécules comme le S-Métolachlore, utilisé en prélevée.


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