Après l’obtention de son BTS Acse et quelques années de travail comme inséminateur, Frédéric Juban a rejoint ses parents, Annick et Régis, sur la ferme familiale en 2016 en tant que salarié, avant de s’installer en 2020. Son père est à la retraite depuis novembre 2025. La ferme produit 400 000 L de lait.
Découverte du robot en Suisse
« Lors d’un stage en Suisse pendant ma formation, j’avais découvert la traite robotisée et je trouvais ça super. C’était pour moi un objectif d’avoir un robot de traite sur l’exploitation, même si je savais que ce serait plus compliqué en système pâturant », a témoigné Frédéric Juban, lors d’une porte ouverte organisée par les Établissements Lefort le 12 juin. L’entreprise a mis en service sur l’élevage un robot de traite DeLaval (VMS V310) il y a un an.
Plus de fluidité avec la porte de pâturage
Après quelques mois d’adaptation « compliqués », le troupeau, composé d’une soixantaine de vaches laitières normandes, dont certaines croisées montbéliardes, a appris à circuler entre le bâtiment, le robot et les paddocks. « Il aurait été préférable d’effectuer la mise en route lorsque les vaches ne sortent pas en période hivernale », précisent les éleveurs.
La mise en place d’une porte de pâturage a facilité l’organisation. « En journée, les animaux peuvent sortir entre 8 h et 16 h seulement si la dernière traite remonte à moins de 6 heures. Souvent, une trentaine de vaches sortent dès 8 h puis le reste suit ; entre 11 h et midi, tout le monde est dehors. La nuit, elles vont sur d’autres paddocks. »
Les éleveurs ont conservé les mêmes paddocks qu’avant, d’environ 1 ha en moyenne, sur lesquels les vaches reviennent tous les 40 jours. « Nous utilisons un fil avant, déplacé une fois par jour pour attirer les vaches avec de l’herbe fraîche. » Des chemins ont été bétonnés pour améliorer le confort de marche et, au printemps dernier, Régis Juban a installé un passage canadien afin que les vaches puissent rejoindre les 7 ha situés de l’autre côté du chemin communal.
« Mes parents étaient passés en bio en 2008 après avoir orienté leur système d’élevage vers davantage d’herbe. Ils avaient même arrêté le maïs. Pour augmenter la production par vache laitière, j’ai décidé d’en refaire, sur 8 ha aujourd’hui : 6 ha en maïs déshydraté épi et 2 ha en maïs déshydraté plante entière. Je travaille avec la coopérative Deshyouest », note Frédéric Juban. La SAU de 84 ha compte 20 ha de pâturage accessible aux vaches laitières, 30 ha de prairies dédiées à la fauche et 26 ha de prairies naturelles.
Au robot, les vaches reçoivent du maïs déshydraté, ajusté en fonction de leur production. À l’auge, la ration est constituée aux 2/3 d’enrubanné et à 1/3 de foin, distribué à l’aide d’une dérouleuse, avec du maïs déshydraté en complément. « En passant au robot, mon objectif était d’augmenter la production d’1 kg/VL. En un an, elle a progressé de 2,5 kg. Avec un nombre moyen de traites de 2,1 à 2,2 par jour, la production par vache atteint 22 à 24 kg/j. »
Agnès Cussonneau
Moins d’astreinte grâce à l’automatisation
Le robot de traite, qui a remplacé une salle de traite 2 x 8 épi, a permis de réduire fortement l’astreinte sur l’élevage. « Auparavant, la traite nous demandait 1h10 à deux personnes. » Le robot est équipé du dosage de la progestérone dans le lait, permettant de détecter les chaleurs, y compris silencieuses, et d’inséminer au bon moment. L’outil confirme aussi une gestation et détecte les avortements et troubles de la reproduction. D’autres équipements ont été acquis en même temps que le robot, apportant également un gain de temps : un robot repousse-fourrage (OptiDuo), un taxi-lait et un robot aspirateur de lisier remplaçant le racleur à chaînes. « Nous sommes passés en système lisier, une fosse a été construite. Sur les logettes, la paille a laissé place à de la farine de paille », soulignent les éleveurs.

