Dossier technique

L’autonomie passe au vert

Gaec de la Rimbaudière, à Guipry-Messac (35) - L’achat récent d’une autochargeuse a été motivé par la volonté de gagner en autonomie en concentrés et de renforcer la résilience face au changement climatique, notamment en prenant le relais lorsque le pâturage flanche.

deux éleveurs devant une table d'alimentation dans une stabulation - Illustration L’autonomie passe au vert
Mathieu Guillard et Thibaud Legault. | © Paysan Breton

Mathieu Guillard et Thibaud Legault, associés au Gaec de la Rimbaudière ont pour objectif de « faire du lait à pas cher avec les produits de base de la ferme. » Le pâturage occupe ainsi une part importante dans la ration des vaches. « Tout le monde sort six mois par an : laitières, taries et génisses », affirment les jeunes agriculteurs, installés depuis le 31 mars 2023. « Elles ont respectivement 16, 9 et 17 ha accessibles depuis la stabulation. » Même l’installation de deux robots de traite en 2024 n’a pas remis en cause ce système. La porte Grazeway trie les animaux et permet aux vaches traites d’accéder aux paddocks « Nous fonctionnons également avec un système contraint. Nous fermons l’aire paillée pendant la pleine saison. Si les vaches ont envie de se coucher, elles sont obligées de passer par les robots afin de pouvoir sortir. » En moyenne, les 85 vaches traites produisent environ 36 kg de lait par jour.

Réduire les concentrés

En 2025, les deux éleveurs ont fait l’acquisition d’une autochargeuse Bonino, vendue par leur concessionnaire local Blanchard Agriculture. « L’affouragement en vert permet de prendre le relais quand l’herbe décroche », explique Thibaud Legault. « Notre objectif est de démarrer après les semis de maïs et de poursuivre jusqu’à l’automne. » Grâce à cette pratique, les associés espèrent améliorer leur autonomie fourragère et protéique en réduisant l’achat de concentrés (liés à une moindre utilisation de maïs ensilage) et en augmentant la teneur en MAT. La ration hivernale des animaux est composée d’ensilage de maïs, d’ensilage d’herbe et du même correcteur à l’auge et au robot. En été, l’ensilage d’herbe est remplacé par le pâturage et l’apport d’herbe fraîche grâce la Bonino. « Cette herbe est extrêmement appétente, même pour des vaches qui ont déjà pâturé une bonne partie de la journée. »

Le peson, une option utile

L’autochargeuse a coûté 50 000 €, dont 10 000 € subventionnés par Agri Invest. Elle est équipée d’une faucheuse avec système anti-pierre, facilitant le fauchage bas. « Nous visons une coupe à 7 cm pour favoriser les repousses », précise Mathieu Guillard. Les éleveurs ont également choisi d’ajouter un peson, pour un coût de 5 000 €. « Cela simplifie franchement le travail », ajoute-t-il.

Nous allons chercher un poids et non un volume

« Nous allons chercher un poids et non un volume. Selon la saison, il varie entre 500 kg et 1,2 tonne. » La Bonino est attelée derrière un T5060 de 90 cv, formant un ensemble « compact, léger et passe-partout. » Des pneus larges ont été montés sur l’autochargeuse pour améliorer l’accès aux parcelles humides.Enfin, son tapis de déchargement droite/gauche facilite la distribution.

Pas plus de 30 minutes

Conscients de la surcharge de travail liée à l’affouragement en vert, les éleveurs ont bien réfléchi à leur organisation. Cette année, 4 ha sont réservés à la Bonino : 3 ha à 200 m de la ferme et 1 ha à moins d’un kilomètre. Si besoin, une autre parcelle de 3 ha est disponible à 100 m de la stabulation. « L’opération ne doit pas dépasser 30 minutes, du moment où l’on monte dans le tracteur à celui où l’on en descend », lance Matthieu Guillard. « C’est aussi pour cela que le tracteur est attelé à l’autochargeuse pendant toute la saison. » Dans l’idéal, les associés souhaitent distribuer la ration au bol le matin et l’herbe fraîche le soir, moment où la plante est la plus concentrée en sucres. « C’est aussi une façon de faire venir les vaches au robot sans les pousser », soulignent-ils.

Alexis Jamet

Semer des variétés adaptées

L’année dernière, l’affouragement en vert a été fait dans une prairie de RGI. « C’est une plante qui remonte trop vite en épis », lance Thibaud Legault. « À la fin de la saison, on se retrouvait avec quelque chose qui ressemblait à du foin. » Cette année, les associés ont donc revu leurs choix en implantant des variétés non remontantes adaptées à la fauche : un mélange de dactyle, de RGA et de trèfle violet. « Le dactyle, en plus d’être plus résistant à la chaleur, est aussi riche en azote et en énergie », précise-t-il.


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