« Nos 7 sites de production de semences présents sur l’Ouest de la France sont sous air filtré sauf celui de Vendée qui est plus isolé, sans élevage dans un rayon de 30 km. Au total, 1 300 verrats de 35 types génétiques y sont prélevés », a souligné Isabelle Merour, responsable de la performance Yxia, lors d’une visite organisée sur le site de Landivisiau (29). « Nous y organisons des visites, via un couloir totalement sécurisé prévu à cet effet, sans croisement de flux, à l’attention des acteurs de la filière porcine », précise Stéphanie Guyot, responsable commerciale. Inaugurée en janvier 2024, l’infrastructure, utilisant les dernières technologies, a investi 4 millions €.
La zone est entourée d’un grillage pour la biosécurité. Toutes les précautions sont prises pour découvrir les trois bâtiments distincts. « Nous avons aussi pris en compte les vents dominants pour leur emplacement. » Les visiteurs doivent s’équiper d’une combinaison, de bottes, d’une charlotte, de gants et suivre un circuit précis. Pas question d’aller auprès des cases dans la verraterie ou d’entrer dans le laboratoire, mais on peut les découvrir au travers de baies vitrées.
Une sécurisation complète de la chaîne
« Nous fonctionnons en zone propre, zone sale. Il n’y a pas de croisements des flux », informe Isabelle Merour. « D’une surface de 3 024 m2, la verraterie compte 282 cases individuelles de 6 m², réparties dans 4 salles. Les animaux peuvent entrer en contact avec leurs voisins via des barrières et disposent de ‘jouets’ en acacia. Des sérologies de surveillance sont réalisées en continu. » Côté alimentation, les verrats reçoivent 2 repas par jour, avec une ration été et une ration hiver.
Huit personnes travaillent sur ce site de production, polyvalentes entre les prélèvements et le laboratoire. Les prélèvements de semences se font dans 6 cases de collecte, avec une forte proportion réalisée dans la nuit du dimanche au lundi, de l’ordre de 50 %. Pour tenir de bonnes cadences, un prélèvement semi-automatique a été mis en place via des vagins artificiels. « Nous utilisons des mannequins plats – conçus par nos équipes – avec des repose-pieds sur le côté. Ils évitent les blessures et facilitent le nettoyage/désinfection. »

Traçabilité accrue
Chaque verrat est identifié par une boucle RFID. La date de collecte, le verrat et l’agent préleveur sont identifiés pour garantir la traçabilité. Le sperme est recueilli dans un sac en plastique. Le « tapioca », fraction gélatineuse, est séparé grâce à un filtre. Puis, l’éjaculat est envoyé au laboratoire via un transfert pneumatique, pour y être contrôlé. « Les verrats sont généralement prélevés tous les 5 jours. Le travail des équipes commence à 22 h pour que les semences puissent partir en direction des élevages dès 6 h du matin. »
Les verrats terminaux sont prélevés pendant 18 mois en moyenne, contre 10 mois pour les races pures. « Les aplombs, l’azoospermie, les valeurs génétiques sont les critères de réforme », indique Isabelle Merour. « Nous ne sommes pas propriétaires des animaux. Nous reversons au schéma génétique une redevance génétique à la dose vendue. »
Dans le laboratoire, la semence est mélangée à du dilueur (constitué de glucose, d’eau osmosée et d’un peu d’antibiotiques) : deux types existent, un « classique » et un « longue conservation ». La température de conservation doit être maintenue à 17°C tout au long de la chaîne de distribution, y compris chez l’éleveur.

L’hétérospermie est aujourd’hui la norme
Dans le laboratoire d’Yxia, la concentration, la motilité et la morphologie des spermatozoïdes sont évaluées. « Le pourcentage de spermatozoïdes mobiles va déterminer le nombre de doses produites. En moyenne, nous produisons 35 doses avec un prélèvement. »
Désormais, 92 % des semences commercialisées sont en hétérospermie, regroupant le sperme de 2 à 5 verrats de même génétique. Pour préserver la qualité de semence, tous les dilueurs et conditionnements en plastique sont testés, y compris en élevage, avant validation.
Agnès Cussonneau
Trois quarantaines en propriété
Autre facteur de biosécurité, « nous avons nos trois propres quarantaines, dont l’une est sous air filtré. Les animaux importés de l’étranger sont dirigés dans cette dernière et restent en quarantaine 2 semaines supplémentaires (9 semaines en tout), par rapport aux autres verrats nés en France, pour effectuer des tests sanitaires encore plus complets », note Isabelle Merour. Dans les quarantaines, les verrats sont habitués à monter, ils doivent avoir réalisé au moins un prélèvement.Une filiale d’Yxia, Cobitrans, est spécialisée dans la livraison express en milieu agricole (semences, vaccins, colis…) et se distingue par sa maîtrise de la biosécurité, ainsi que par la traçabilité des colis et des températures (zones à 4°C, 17°C ou température ambiante dans chaque camion). Un autre service, Pure Logistique, est dédié à la collecte des déchets en milieu agricole. L’entreprise a aussi conçu des produits facilitant les inséminations en élevage : Easy&Clean qui supprime le nettoyage des vulves, et Neosem X’tra, technologie d’auto-insémination intégrant Easy&Clean.

