Les trois associés du Gaec de Chenillé, Jean-Michel Bouin, Patrick et Bertrand Jubault, utilisaient depuis 2009 un roto de traite. « Nous avons commencé à réfléchir à l’installation de robots en 2020, au départ d’un des associés. Puis nous avons laissé tomber cette piste… qui a finalement été relancée en 2023 », ont expliqué les éleveurs lors d’une journée Robot Days organisée par Eilyps sur le Gaec le 12 mars.
Ils emploient aujourd’hui une salariée qui travaille uniquement dans la stabulation. « Avoir des robots rend le travail moins pénible physiquement, c’est plus facile de recruter des salariés. »
« Recrutement plus simple »
« Les travaux ont été lancés en janvier 2024 et la mise en route a été réalisée en juillet la même année. » Le choix s’est porté sur quatre robots de la marque GEA qui assurent la traite de 220 vaches laitières. « Nous avons préféré ce système avec des fosses arrière. Et ces robots sont silencieux. »

Un espace parage accessible
Dans le bâtiment de 130 m de long, les vaches se reposent dans des logettes recouvertes de paille rotocutée. Les racleurs hydrauliques passent deux fois par jour dans les aires d’exercice. « Un espace avec une cage de contention permet un parage régulier des vaches. » Aujourd’hui, la production moyenne au robot est de 40 kg/VL/jour.
Sur leur logiciel de gestion des robots, les éleveurs peuvent visionner différentes statistiques, suivre des courbes de lactation… « Le pic est atteint dès 30 jours de lactation », observe Anthony Baslé, d’Eilyps. Des alertes peuvent être envoyées en fonction de seuils estimés sur les stocks d’aliment. Une surveillance cellulaire et un tri du lait quartier par quartier sont possibles, ce qui permet une intervention rapide.


50 vaches/stalle à la mise en route
Lors de la mise en route de robots, « le mieux est de réduire le nombre de vaches à 50 par stalle, en anticipant les tarissements et les réformes », ajoute le conseiller. « Prévoir suffisamment de stocks est important pour la première année : l’alimentation est un facteur-clé de réussite. » Autre prérequis : une bonne situation en qualité du lait. « Le robot ne dégrade pas cet aspect mais ne l’améliore pas non plus. » La propreté des animaux compte car leur préparation est toujours la même par le robot. Un bon fonctionnement passe par une circulation fluide, une qualité des sols, un système de raclage adapté, une bonne gestion du couchage…
Agnès Cussonneau
Réfléchir son projet bien en amont
« Un projet de robotisation doit être réfléchi au moins un an à l’avance », souligne Anthony Baslé. Pour raisonner son investissement, il convient de chiffrer la production qui sera permise par stalle, très variable, pouvant aller de 600 000 à 900 000 L. Elle est corrélée à la moyenne d’étable mais aussi à la vitesse de traite (qui peut être quantifiée ou indiquée via le génotypage). Faire venir un géobiologue avant l’implantation est essentiel, puis régulièrement ensuite, environ tous les 2 ans.

