Moins de boulot, plus de vélo

À Kersaint-Plabennec (29), Philippe et Olivier Postec ont fait de l’organisation du travail la clé de leur réussite. Leur objectif est clair : exercer un métier exigeant, mais garder du temps pour soi. Pour les deux exploitants, produire du lait et élever des animaux ne doit jamais se faire au détriment de la vie personnelle, une exigence partagée par la nouvelle génération qui se prépare à reprendre les exploitations. 

Un homme avec un vélo dans le couloir central d'une salle de traite vide - Illustration Moins de boulot, plus de vélo
Philippe Postec, agriculteur à Kersaint-Plabennec (29).

L’histoire commence en 1996, lorsque Philippe s’installe avec ses parents. Quatre ans plus tard, il reprend l’exploitation de ses beaux-parents, qui compte alors 40 vaches et 30 hectares. Son frère Olivier le rejoint deux ans plus tard, en 2002. Face au manque de main-d’œuvre et à une charge de travail trop importante, les deux frères décident d’arrêter l’activité de naissage porcin en 2005. Leur ligne de conduite s’affirme alors : ils veulent garder la maîtrise de leur travail, plutôt que de sacrifier tout leur temps libre à l’exploitation.

Aujourd’hui, le Gaec compte 70 vaches laitières et 624 places d’engraissement. C’est un équilibre que Philippe et Olivier souhaitent absolument préserver. Leur but n’est pas de produire toujours plus, mais de travailler mieux. Comme le résume Philippe : « Si un jour les vaches produisent plus de lait, on diminue le nombre de vaches » .

Des outils pensés pour alléger les journées

Pour gagner du temps et réduire le temps de travail, les deux frères ont misé sur des solutions simples mais très efficaces. L’un des exemples les plus parlants est l’installation d’un boviduc pour accéder aux pâtures situées de l’autre côté de la route. Grâce à ce passage souterrain, les vaches peuvent se rendre seules aux champs, sans intervention humaine et sans danger lié à la circulation, il suffit d’aller refermer la clôture. Auparavant, il fallait tendre trois fils électriques ou être au moins deux personnes pour faire traverser les 65 vaches laitières », nous a dit Philippe. Cette innovation apporte un gain de temps considérable et sécurise aussi bien les animaux que les éleveurs.

La salle de traite 2×10, équipée en double équipement, s’inscrit dans la même logique. Elle permet de réduire la durée des traites, d’améliorer le confort de travail et de libérer du temps pour d’autres tâches (Travaux des champs, travaux d’élevage, entretien de l’exploitation et administratif). Ce suréquipement permet de traire en 1 heure. Chaque aménagement de l’exploitation a été pensé pour éviter la perte de temps et limiter la fatigue physique. Grâce à cette organisation, les frères Postec ont pu instaurer un rythme plus calme, avec un week-end sur deux libéré, ce qui est très bénéfique pour la vie extérieure.

Préserver du temps pour vivre autrement

Pour Philippe, cette organisation optimisée a un but : se dégager du temps pour sa passion du vélo, profiter de sa famille et s’autoriser des loisirs permettant de souffler et de se déconnecter du quotidien de l’exploitation. Il est aussi trésorier de son club de vélo et de la Cuma. Il peut ainsi prendre deux semaines de vacances par an, un véritable confort dans le secteur de l’élevage laitier.

Ce système montre qu’il est possible d’allier performance agricole et vie privée. En gardant leur taille sans agrandir ni diminuer, les frères Postec démontrent qu’une exploitation peut rester rentable tout en restant à taille humaine. Leur modèle prouve qu’avec des choix réfléchis, de bons outils et une organisation bien pensée, il est possible de réduire le stress, d’améliorer le bien-être et de rendre le métier plus durable, à la fois économiquement et humainement.

En choisissant de travailler moins mais mieux, Philippe et Olivier ouvrent la voie à une autre vision de l’agriculture : un modèle où la maîtrise du temps compte autant que la maîtrise de la production, et où les valeurs familiales et humaines ne sont pas sacrifiées au nom de la productivité. Pour eux, la réussite se mesure autant en litres de lait qu’en moments de liberté.

BTS ACS’AGRI – Iréo de Lesneven

3e prix du Concours d'écriture 2026

En partenariat avec le journal Paysan Breton, Eureden a organisé pour l’année scolaire 2025/2026, un concours de rédaction d’articles sur le thème : “L’agriculteur de demain”. La participation à ce concours est ouverte aux étudiants des classes de BTS de France métropolitaine (ACSE, Productions animales, agronomie et systèmes cultures, protections des cultures, machinisme…) et des écoles d’ingénieur agricole, avec l’aide des professeurs. La participation se fait au titre de la classe. Félicitations à la classe de l’Iréo de Lesneven qui remporte la 3e place du concours.

Présentation du BTS ACS’AGRI de L’Iréo de Lesneven

École d’agriculture proposant des formations de la quatrième à la licence professionnelle, l’Iréo de Lesneven est également un centre de formation professionnelle d’adultes, une antenne de formation par apprentissage et un centre-ressource pour le territoire et son agriculture. Toutes nos formations sont en alternance depuis 1964.Cette année, 40 étudiants sont inscrits en première année de BTSA ACS’AGRI (Analyse, conseil et stratégie de l’entreprise agricole) à l’Iréo. Cette classe accueille des jeunes en statut apprenti et en statut étudiant. Le BTSA ACS’AGRI permet aux étudiants d’acquérir de solides capacités d’analyse et de gestion qu’ils pourront mettre en œuvre en production animale ou végétale. Il ouvre sur de nombreux métiers avec ou sans poursuite d’études, pour devenir chef ou second d’exploitation, se spécialiser dans les métiers du conseil,de la vente, de la gestion ou de la banque.


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