La bonne fertilisation se calcule

Les colzas prennent de la biomasse avant l’hiver puis perdent du feuillage avec le froid. Cette année, la moyenne des pesées en sortie hiver est de 2,2 kg, un chiffre à connaître pour piloter sa fertilisation.

Un homme accroupi dans un champ de colza - Illustration La bonne fertilisation se calcule
Adrien Gouot a présenté les résultats de pesée du réseau à Trémuson (22). | © Paysan Breton – F. Paranthoën

Une culture de colza « a un besoin de 7 unités d’azote par quintal produit, quand on vise un rendement de 35 à 40 q », introduit Aurélien Gouot, conseiller en agronomie et référent colza à la Chambre d’agriculture. Ces unités fertilisantes minérales sont chères, « elles sont passées de 1,35 €/uN en mars 2025 à 1,5 € aujourd’hui. À cela pourrait s’ajouter la MACF (Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) qui viendrait taxer les produits qui rentrent en UE. En théorie, une augmentation de 12 % est possible » ; c’est pourquoi apporter la bonne dose, sans surdosage, est plus que jamais de rigueur.

En semant tôt, on peut économiser 67 €/ha

Le conseiller rappelle qu’un moyen simple existe pour connaître la quantité d’azote que les plantes ont déjà absorbée, par la pesée ou par la cartographie de la parcelle par satellite. Si une pesée en entrée d’hiver est effectuée, « 1 kg de biomasse fraîche correspond à 50 uN d’absorbées. En cas de pesée en sortie d’hiver, à fin janvier/début février, un kilo de biomasse signifie que le colza a absorbé 65 uN ». Pour connaître précisément le besoin au printemps, les reliquats du sol sont enfin à prendre en compte.

Les cultures ont poussé

Lors d’un après-midi technique à Trémuson (22), une culture faisant partie d’un réseau de 108 parcelles a été décrite. En moyenne, elle pesait 4,6 kg/m2 en entrée d’hiver, 2,2 kg en sortie. Sur l’ensemble de ce réseau, les pesées en entrée s’étalaient de 300 g à 5 kg ; de 200 g à 4,1 kg en sortie. La date de semis joue tous les ans un rôle important dans le développement de la crucifère : plus les semis sont précoces, c’est-à-dire avant le mois de septembre, plus la culture va se développer et donc absorber de l’azote. À titre de comparaison, en moyenne, « les colzas en sortie d’hiver pèsent 2,2 kg pour les semis d’août, 1,5 kg pour les semis de septembre. Les semis précoces ont donc absorbé 143 uN (65 x 2,2), ceux de septembre 97,5, soit une différence de 45 unités », calcule Aurélien Gouot. Côté porte-monnaie, cette différence représente 67 €/ha, en prenant un tarif de l’azote à 1,5 € l’unité. Le conseiller rappelle enfin que la biomasse tombée pendant l’hiver, « avec le froid, la neige qui casse des feuilles, n’est pas perdue : cette biomasse est remobilisée, 50 % de la dégradation de ces feuilles sera disponible ce printemps ».

Fanch Paranthoën

Pas de relation entre biomasse et rendement

Les gros colzas bretons laissent-ils entrevoir de bons rendements cet été ? Pas forcément. « Il n’y a pas de corrélation entre biomasse et rendement. Les petits colzas peuvent aussi produire 35 q/ha, tout se joue plutôt du côté de la floraison ». Autre point évoqué, celui de la réduction de la fertilisation : dans 67 essais, la diminution de 20 uN fait perdre 0,8 q/ha ; diminuer de 40 uN baisse le rendement de 1,7 q ha.


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