Cibler les rumex avec précision

Un pulvérisateur Amazone est intervenu dans une pâture pour désherber la parcelle. Son point fort : ne traiter que les rumex, repérés au préalable par un passage de drone.

Un pulvérisateur dans une pâture - Illustration Cibler les rumex avec précision
Chaque buse ne s'ouvre qu'en cas de présence de rumex. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

Alors qu’il avance dans la pâture, l’automoteur ouvre et ferme de façon automatique ses buses pour ne pulvériser sa solution désherbante que sur les rumex. Cette machine Amazone de modèle Pantera 4504 + appartient à l’entreprise de travaux agricoles SARL Prigent, de Plourin-lès-Morlaix (29). Elle était en démonstration sur les terres de l’EARL de Kerhein, à Carantec (29), dans le cadre d’un après-midi technique organisé par la Chambre d’agriculture et An Dour, le service public de l’eau de Morlaix Communauté.

0,25 ha de traité sur 3,2 ha

« Les rumex nous posent question. Je produis également des légumes à destination de l’industrie. Les solutions diminuent, les prairies se salissent. Et les désherbages sur la totalité de la surface des pâtures sont agressifs et freinent la pousse de l’herbe. Nous recherchons des solutions pour être économiquement et environnementalement efficaces », introduit Fabien Le Ven, dirigeant de cette EARL.

Stratégie en différé

Ce désherbage de précision montre tout de suite son efficacité. Sur la pâture d’une surface de 3,2 ha, seulement 0,25 ha a reçu une pulvérisation. Pour arriver à un tel résultat, Cécile Goupille, conseillère à la Chambre d’agriculture, explique : « Nous sommes aujourd’hui dans une stratégie en différé : une cartographie est réalisée après le passage d’un drone, puis cette carte est injectée dans le logiciel du pulvérisateur. Cette technique a l’avantage de faire connaître la surface à traiter et le volume de bouillie à préparer avant d’intervenir. En inconvénient, on peut citer le délai entre le vol du drone, le traitement des images et la pulvérisation. Il faut que ce temps soit rapide ». La société Telespazio propose ce genre de services de cartographie, le délai de retour d’informations varie de 24 à 36 heures. Elle propose 3 solutions : la détection de plants hors type, c’est-à-dire toutes les plantes qui ne sont pas cultivées, – appréciée dans les parcelles de production de semence –, la détection d’adventices en les qualifiant, et enfin la détection d’objets indésirables, comme des bouteilles, des pierres ou des branches présentes dans les champs.

Fanch Paranthoën

75 cm autour des rumex

Le service de Telespazio permet de renvoyer les images « sur son smartphone : l’application est en capacité d’amener l’opérateur précisément dans le champ pour retirer un datura ou un objet indésirable », note Cécile Goupille. Concernant la détection qualifiée comme les rumex, le droniste passe son engin à une altitude de 20 ou 30 m, l’appareil prend 20 à 35 photos/ha. Même cachés par de la végétation, les rumex sont repérés. « Le drone peut voler en cas de pluie faible, avec un vent à 50 km/h au maximum ». Une fois les rumex ou groupes de rumex détectés, place au pulvérisateur. Pour bien couvrir la mauvaise herbe, les buses pulvérisent sur un rayon de 75 cm autour de sa cible, afin de prendre en compte le temps d’ouverture. Cette technique permet enfin de choisir « des molécules efficaces, comme le metsulfuron-méthyl, la meilleure solution contre les rumex. Cette pulvérisation localisée ne touchera pas les trèfles ».


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