« Les profils de nos verrats sont variés pour répondre aux attentes des différents marchés. Aujourd’hui, nous souhaitons accompagner davantage les éleveurs pour optimiser via l’alimentation le potentiel de la lignée mâle choisie sur leur élevage », déclare Laurent Roger, directeur technique et marketing Axiom. « Selon ses objectifs prioritaires (IC, GMQ, TMP, M3/carcasse, vigueur à la naissance, robustesse…), l’éleveur choisit une génétique mâle et doit ensuite adopter une stratégie nutritionnelle pour atteindre les performances souhaitées. »
Des aliments adaptés qui valorisent la génétique
« Nous sommes partis du constat que beaucoup trop d’élevages font des essais d’une génétique mâle, sans tenir compte du profil de croissance ou des capacités de dépôt et d’ingestion des porcs. Or la performance (IC, GMQ, classement) dépend du génotype de l’animal mais aussi de son environnement : sanitaire et nutrition notamment. Il peut y avoir des déceptions et un gaspillage des ressources alimentaires. »
Dans les stations de testage de l’entreprise de sélection, les lignées mâles sont évaluées individuellement (alimentation, poids, potentiel et profil de croissance, comportement de dépôt…). Par exemple, le verrat Valens permet davantage de précocité de croissance que le Thor dont la croissance est plus tardive et persistante. Les recommandations alimentaires sur leurs issus aux différents âges ne seront donc pas les mêmes.
Ils consomment différemment
« Nous regardons aussi comment les animaux consomment. Thor possède un profil de consommation supérieur au Valens sur la période de croissance et exprime un plus fort potentiel de consommation sur la période de finition. Ce qui peut induire une dégradation de l’IC s’il n’est pas rationné après avoir atteint son GMQ maximal, vers l’âge de 120 jours. Le ratio ‘lysine digestible / énergie nette’ devra aussi être augmenté en finition sur ce profil d’animaux. »
« Sur le Valens, on pourra favoriser la croissance en ayant une courbe d’alimentation supérieure à des issus Piétrain Axiom. » Les lignées Piétrain ont une croissance plus précoce, un dépôt musculaire maximal plus élevé, et s’autorationnent. Elles demandent donc de la vigilance sur la teneur des aliments en nutriments et en énergie. Ensuite, le ratio ‘lysine digestible/énergie nette’ sera ajusté après 120-125 jours d’âge, tout comme l’énergie.


Souvent, pas assez de phosphore digestible
Une autre nouvelle recommandation concerne l’apport de phosphore digestible. En porc charcutier, l’objectif est de maximiser le dépôt de protéines donc, au-delà de l’azote, des acides aminés, l’apport de phosphore digestible dans l’aliment est important. Le rapport ‘calcium / phosphore’ devra être moins élevé que pour les cochettes, sur lesquelles une attention plus importante sur les os est recherchée.
« Des publications récentes montrent que les besoins en phosphore sont probablement sous-estimés. En porc charcutier, les éleveurs doivent faire la chasse aux excès de calcium qui impactent négativement l’IC pendant l’engraissement. Un excès de calcium réduit la digestibilité de la matière sèche et du phosphore. » Laurent Roger souligne l’importance de quantifier l’apport de calcium que ce soit via l’alimentation ou l’abreuvement (analyses…).
Les vitamines et les oligoéléments des aliments pour ces animaux doivent aussi être adaptés. « Nous travaillons en lien avec l’Inrae, l’Ifip, les fabricants d’aliments et les firmes services pour que ces nouvelles recommandations nutritionnelles arrivent dans les élevages », précise le directeur.
Agnès Cussonneau
Plus de lysine pour les verrats
S’agissant plus particulièrement des mâles entiers, des recommandations alimentaires plus adaptées sont aussi proposées par Axiom. « Ces animaux présentent davantage de potentiel de dépôts musculaires que les mâles castrés. Par contre, ils sont plus tardifs et plus persistants dans les dépôts protéiques », indique Laurent Roger. Par rapport aux femelles, les mâles entiers doivent ingérer 8 à 12 % de lysine digestible en plus, et les mâles castrés 5 % en moins.

