La pousse de l’herbe mesurée du 17 au 23 mars est en moyenne de 24 kg MS/ha/jour. Les précipitations annoncées pour cette semaine ne devraient pas remettre en cause les conditions de pâturage. Mais des températures en baisse vont limiter la pousse.
Une demi-ration d’herbe atteinte à partir de 35 ares
La croissance de l’herbe offre désormais une demi-ration pour les systèmes avec au moins 35 ares d’herbe pâturés par vache : 24 kg MS/ha/jour x 0,30 ha = 8,4 kg de MS d’herbe/VL/jour. Avec une distribution inférieure ou égale à la demi-ration de maïs, le correcteur azoté ne se justifie plus. Le changement d’heure est souvent déclencheur de la mise à l’herbe des vaches la nuit. Mais restez vigilant sur l’évolution des températures dans les prochains jours, car la transition alimentaire vers le pâturage a souvent été rapide et l’ingestion d’herbe en conditions froides présente des risques sanitaires (tétanie, entérotoxémie).
Romain Retif et Jean-Marc Seuret
En bref
En cette fin de campagne, faites un état de vos stocks avant de figer la surface en maïs à semer qui pourra être réévaluée en cas de stocks trop justes. Attention aux conditions de portance des jeunes prairies semées à l’automne. Ne pas hésiter à patienter encore ou à limiter le temps de présence des animaux sur ces paddocks.
« Maîtriser le coût alimentaire par le pâturage »
Opinion – Fabien – 35 ares/VL – silo fermé 2 mois à Lizio (56)
Je suis installé depuis 2022, avec un salarié à temps partiel sur une exploitation de 80 ha, 510 000 L vendus et un atelier de chapons. Le troupeau contient 65 vaches Prim’Holstein et quelques Jersiaises, avec 17 génisses gardées par an, soit 27 % de renouvellement. L’assolement se compose de 40 ha de prairies, 25 ha de maïs et 15 ha de céréales dans un secteur avec environ 900 mm de pluviométrie à l’année. Les prairies sont construites sur une base RGA-TB, quelques parcelles plus séchantes contiennent de la fétuque. La ration annuelle se compose de 3,5 t MS de fourrages stockés (maïs ensilage et enrubannage), 2,8 t MS d’herbe pâturée et 825 kg de concentrés (correcteur non OGM, céréales, CMV). Mon objectif : optimiser le pâturage afin d’optimiser mon coût alimentaire. Le silo est fermé pendant 2 mois minimum. En hiver, je suis en ration complète maïs enrubannage. Les vaches démarrent le déprimage en février-mars. Je vise des paddocks bien rasés au démarrage. Si la portance est bonne, je fais ce déprimage au fil. J’insiste avec un 2e déprimage pour obtenir la hauteur voulue. Et, à cette période, le pâturage ne dure pas toute la journée, les vaches sont au champ pour manger et pas se coucher.
Zoom sur : Le semis de prairies au printemps
L’hiver pluvieux a pu noyer de jeunes semis ou abîmer des portions de prairies en place qu’il faut réimplanter. Dès que la portance le permet, les semis ou sur-semis de prairies peuvent démarrer. Dans le cas d’un resemis, celui-ci peut avoir lieu dès maintenant sous couvert d’avoine. Si les conditions de portance ne sont pas encore réunies, il est cependant risqué de semer après la mi-avril. Les graminées et légumineuses ne seront pas développées avant les premiers stress hydriques. Dans ce cas, mieux vaut reporter le semis d’une prairie à l’automne et semer une interculture fourragère estivale. Elle permettra de maintenir le sol couvert et de produire du fourrage avant des conditions plus propices d’implantation.

