Semis au Vibrosem : un blé plus résilient ?

Malgré la pluie, la parcelle de blé bio semée au Vibrosem résiste bien à la battance et à l'hydromorphie.

parcelle de blé - Illustration Semis au Vibrosem :  un blé plus résilient ?
Le blé ne souffre pas pour l'instant de l'excès d'eau. Les zones jaunies restent rares. | © Paysan Breton

Le 24 octobre 2025, Jérôme Thomas, agriculteur bio à La Chapelle-du-Lou-du-Lac (35), semait pour la première fois une parcelle de blé meunier avec un Vibrosem de 3 mètres. Presque quatre mois plus tard, il fait le point sur l’état de sa parcelle. « Je suis agréablement surpris. D’habitude, le blé n’est pas aussi développé à cette période quand il est semé avec une herse rotative. Je l’ai aussi implanté une semaine plus tôt. » Le 18 février, la culture a commencé à taller et « ne va pas tarder à monter. »

D’habitude, le blé n’est pas aussi développé

Comme pour le reste de la Bretagne, la pluie n’a pas épargné la commune. En Ille-et-Vilaine, le cumul des précipitations depuis le 1er janvier 2026 est de 216 mm, soit un écart de 129 mm par rapport à la période 1997-2022 (source Info Climat). « Malgré cela, il n’y a pas beaucoup de zones jaunies dans la parcelle, qui est pourtant assez humide. L’année dernière, dans un champ semé avec les mêmes variétés et avec un type de sol similaire (argilo-limoneux), le blé peinait davantage. »

L’agriculteur explique cette différence par l’usage du Vibrosem qui préserve la structure du sol et qui garde de la motte. La parcelle ne présente aujourd’hui ni de croûte de battance, ni de zones d’hydromorphie.

raie de charrue sur une parcelle de blé
Le dévers de la parcelle évacue naturellement l’eau dans la raie de charrue.

Une parcelle globalement propre

En mars, si les conditions le permettent, Jérôme Thomas passera la herse étrille pour désherber et favoriser la minéralisation. « J’ai déjà fait l’impasse sur la houe rotative que j’utilise normalement en février. Si le temps reste pluvieux en mars, je ne désherberai pas. »

L’agriculteur ne s’inquiète pas pour autant du développement des adventices, qui n’est pour l’instant pas alarmant. Le précédent prairie a eu un effet nettoyant et a favorisé les reliquats azotés, le mélange population utilisé est couvrant, et le froid de début janvier a été bénéfique pour la culture, mais moins pour les plantes indésirables. « Enfin, le blé est destiné à faire du pain. Il sera donc trié de toute manière avec un trieur à grilles puis un trieur alvéolaire. » La parcelle sera suivie par Paysan Breton jusqu’à la récolte. Affaire à suivre…

Alexis Jamet

Toujours expérimenter

Dans les prochains jours, Jérôme Thomas va faire pâturer quelques moutons de Ouessant sur une partie de son blé. « J’ai délimité un petit paddock de 200 m2 que je vais déplacer sur environ 30 ares. La littérature montre que cette pratique a un effet désherbant et stressant pour la culture qui va taller davantage. Leurs déjections sont aussi un engrais gratuit. » La technique a notamment été testée par les Civam de Normandie. « Comme pour le Vibrosem, je ne réinvente pas la roue, le pâturage des céréales par les moutons existe depuis très longtemps. »Si le passage de herse étrille est possible en mars, l’agriculteur pense également à laisser une zone sans désherbage, « pour avoir une idée de l’impact de l’outil sur la minéralisation et sur la culture. »Enfin, le Bretillien a noté que la raie de charrue à l’extrémité de champ où le labour a été terminé joue le rôle d’un caniveau naturel (voir photo).


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