« Les points d’index indiquent un potentiel génétique. Mais les performances des animaux s’expliquent seulement à 30 % par la génétique et à 70 % par l’environnement. C’est-à-dire la qualité de l’alimentation, du logement, de la conduite sanitaire, du climat… », a démarré Anthony Rossignol, technicien pour Gènes Diffusion, lors d’une rencontre à Fougères (35). En 2021, le groupe coopératif a lancé le programme GHP (Génétique haute performance) « s’adressant aux gens voulant produire davantage de lait ».
Collecte de bouses
Pour intégrer une partie de l’impact du milieu dans l’approche de sélection, l’entreprise analyse en laboratoire le microbiote spécifique de chaque élevage. Rappelons que le microbiote intestinal est l’ensemble des micro-organismes (bactéries, champignons, archées, virus…) vivant dans le tube digestif. Un monde invisible contenant une grande quantité d’ADN influençant la digestion et la santé de l’organisme hôte (bovin, humain…).
Analyse annuelle du microbiote
Dans le cadre de GHP, le microbiote d’un élevage est analysé une fois par an, à la même période. « L’inséminateur collecte la bouse de 10 vaches en lactation représentatives choisies en fonction de leur génétique. » Les résultats obtenus sont utilisés pour « moduler » les index des taureaux. « En fonction de ces index modulés, à partir de notre catalogue de taureaux, on édite un catalogue personnalisé pour chaque élevage engagé », explique Anthony Rossignol.
À Saint-Hilaire-du-Maine (53), Fabien Rabineau a adhéré dès 2021 : « J’étais interpellé par les taureaux bons chez le voisin, mais pas chez moi. Le milieu joue énormément sur la performance du troupeau. GHP impacte mes choix d’accouplements et m’a déjà fait gagner en production. » Par exemple, Taxi P ETL qui apparaît à +360 en index lait au catalogue est corrigé à +792 chez lui. « Je l’ai donc utilisé davantage. » Anthony Rossignol insiste : « Les index modulés permettent de ne plus écarter des mâles capables de surperformer chez vous et qui ont en plus d’autres intérêts en morphologie, en membres… »

En 2026, la voie femelle
Pour gagner encore « en pertinence dans les accouplements », depuis début 2026, Gènes Diffusion module aussi les index génomiques des femelles. « Dans sa stratégie de renouvellement, l’idée est de conserver et de multiplier avant tout les animaux ayant la meilleure capacité à produire dans son propre environnement. »
Toma Dagorn
385 kg de lait en plus par lactation
300 élevages adhèrent au programme. Les premières lactations d’animaux issus d’accouplements GHP se sont terminées à l’été 2025. Gènes Diffusion a ainsi comparé 100 vaches GHP à 322 contemporaines nées d’accouplements classiques dans 19 cheptels. « Même si l’effet net varie du simple au double selon les fermes, les femelles GHP ont produit en moyenne 385 kg de lait de plus par lactation, à -0,3 de TB et sans effet sur le TP, que les autres vaches », rapporte Anthony Rossignol.

