La basilique Saint-Aubin sublimée

Lumières, musiques, chants et histoire dialoguent en beauté dans le spectacle immersif Luminiscence qui a investi la basilique Saint-Aubin, place Sainte-Anne à Rennes.

Jeux de lumière à l'intérieur d'une basilique - Illustration La basilique  Saint-Aubin sublimée
Les pierres brutes 
deviennent multicolores. | © Paysan Breton

Rennes (35)

Le spectacle Luminiscence s’est installé dans la basilique Saint‑Aubin en Notre‑Dame de Bonne‑Nouvelle à Rennes, mettant en valeur le lieu au travers de vidéo-projections d’une grande beauté, précises au centimètre près, avec une bande sonore incluant des musiques classiques, lyriques et religieuses. Les projections monumentales telles des feux d’artifices, ou de calmes trajectoires, parfois des décors statiques, investissent les voûtes, les détails architecturaux, les sculptures, transformant la pierre en une œuvre vivante. Les couleurs jaillissent. Les vitraux glissent sur les murs de pierres.

Assis dans la nef, les spectateurs lèvent les yeux, tournent la tête, écoutent les musiques et découvrent ou redécouvrent l’histoire de la basilique. L’orgue se fait aussi entendre. Le spectacle dure environ 45 minutes. « Les vendredis et samedis, les voix de l’ensemble vocal Domus Aurea s’ajoutent, portées par l’acoustique de l’édifice et un dispositif sonore à 360° », précise Romain Sarfati, cofondateur du spectacle.

Le bâtiment devient une toile numérique

Luminiscence a commencé son histoire en 2023 dans la cathédrale Saint-André de Bordeaux et a depuis voyagé dans de nombreux lieux en France mais aussi en Europe (Espagne, Allemagne…). « Nous souhaitons offrir au public un moment d’émotion fort en mettant en valeur le patrimoine religieux français », souligne Romain Sarfati. Au total, plus d’1,3 million de spectateurs ont assisté à ces spectacles immersifs.

Dans chaque lieu, « des créations originales sont proposées. À Rennes, une quarantaine de techniciens et d’artistes ont travaillé pendant 6 mois sur le spectacle. » La basilique a été préférée à la cathédrale Saint-Pierre de Rennes, notamment « car elle dispose de pierres brutes, parfaites pour nos créations lumineuses. » Avec 28 mètres de hauteur, ses voûtes sont les plus hautes de Bretagne. Grâce à leurs outils modernes, les créateurs « rendent hommage aux bâtisseurs du passé » en cherchant à émerveiller.

Des lumières bleues projetées sur les pierres à l'intérieur d'une basilique
Les scènes se succèdent 
avec rythme.

« Révéler l’âme d’un monument qui a traversé les époques »

Au travers d’une voix narrative féminine, c’est la basilique elle-même qui raconte son histoire. « Contemplez-moi et écoutez-moi », invite-t-elle. Son origine remonte au Moyen Âge. Le nom Saint-Aubin renvoie à un évêque d’Angers, saint vénéré en Bretagne. « Une église paroissiale est attestée dès le XIIe siècle. Cette ancienne église médiévale se trouvait au nord-ouest de l’actuelle place Sainte-Anne », retracent les historiens.

À partir du XIVe siècle, un tableau de la Vierge à l’Enfant, conservé au couvent des Dominicains (Notre-Dame de Bonne-Nouvelle) fondé à Rennes en 1368, devient objet de vénération. Ce tableau, venu du couvent, attire progressivement des pèlerins vers l’église Saint-Aubin, qui devient aussi lieu de culte marial populaire. Au fil des siècles, des traditions de protection (vœux lors de pestes, incendies, guerres) se développent autour de cette dévotion.

Un exemple marquant du néogothique breton

Au XIXe siècle, face à l’afflux de fidèles et au manque de place dans l’ancienne église, la paroisse décide de construire un nouvel édifice. L’architecte Jean-Baptiste Martenot conçoit une église de style néogothique. La première pierre est posée en 1884 et l’édifice est inauguré en 1904, bien qu’il soit resté inachevé (la façade prévue avec deux grandes tours n’a jamais été construite pour des raisons financières).

« En 1916, l’église Saint-Aubin est élevée au rang de basilique mineure. Elle abrite toujours le tableau de la Vierge et de nombreux vitraux réalisés au XXe siècle par des ateliers locaux. »

Lors du spectacle, l’histoire de Marcel Callo est aussi évoquée. La basilique abrite un lieu de mémoire de ce Rennais né en 1921, engagé dans la Jeunesse ouvrière chrétienne. Il avait été réquisitionné pour le Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne. Sur place, rassemblant des ouvriers français pour prier, réfléchir et se soutenir, il est arrêté par la Gestapo et déporté dans des camps. Il est mort d’épuisement à 23 ans. En octobre 1987, il est béatifié par le pape Jean-Paul II.

Agnès Cussonneau

Qu’est-ce que le vidéo mapping ?

Le vidéo mapping repose sur la projection d’images ou de vidéos sur des surfaces spécifiques, en tenant compte de la forme, de la texture et de l’environnement de ces surfaces. Contrairement à une projection classique, où l’image est diffusée sur une surface plane, le vidéomapping nécessite plusieurs étapes techniques : modélisation 3D des surfaces à projeter, création du contenu visuel (animations, vidéos…), alignement sur la réalité physique du lieu et projection avec des projecteurs numériques de qualité optimale.


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