« Il est temps de commander les vaccins »

C’est le message diffusé par le GDS Bretagne pour lutter contre la FCO et la MHE, lors des réunions locales, afin d’avoir les stocks suffisants au printemps.

Des vaches en patûre dont une avec son veau - Illustration « Il est temps de commander les vaccins »
L’an dernier, le virus de la FCO a frappé aux mois de juin, juillet et août, avec de nombreux avortements et veaux patraques.

« Les laboratoires qui fabriquent les vaccins n’ont pas de stocks d’avance. Il est temps de prévenir votre vétérinaire si vous avez le projet de protéger votre cheptel par la vaccination », indique François Guillaume, vétérinaire au GDS. « Les remontées d’information permettront aux laboratoires de produire suffisamment et d’éviter les ruptures de stocks ». L’an dernier, moins de 20 % des élevages ont vacciné contre la FCO de sérotype 3 et 8 et contre la MHE. « Le sérotype 8 a une immunité d’une année et, pour le 3, la durée est plus incertaine ». Un rappel est donc conseillé pour les élevages ayant déjà vacciné en 2025. Même après le passage de la FCO, qui a affecté un grand nombre de troupeaux, la totalité des animaux ne sont pas immunisés. « Ce n’est jamais à 100% et parfois même, 10% seulement des animaux sont protégés », prévient le vétérinaire. Si le mélange des trois vaccins dans une seule et même dose n’est pas envisageable, il est possible d’injecter les trois le même jour pour limiter les manipulations d’animaux et la charge de travail. Ce n’est qu’au prix de la vaccination que la couverture sera efficace. « L’immunité collective n’est atteinte dans un troupeau ou dans une région que quand 80% des animaux sont vaccinés. S’il manque quelques doses, je conseille de vacciner en priorité les gestantes et les vaches et génisses à inséminer ».

Le froid hivernal n’a pas éliminé les moucherons

Les virus de la FCO et de la MHE sont véhiculés par des moucherons (culicoïdes) qui n’ont pas disparu avec la récente vague de froid. Le suivi des populations permet de connaître la progression de l’espèce. « Même si leur nombre chute en hiver, on en a retrouvé dans une étable de Grand-Champ ces derniers jours ». C’est la raison pour laquelle quelques foyers de FCO ont été détectés en Bretagne depuis le début du mois. Rien à voir avec la période de juin à octobre 2025, quand 2 861 foyers avaient été relevés dans la région. « Les vents dominants d’est, à certaines périodes, ont véhiculé les culicoïdes, qui sont capables, en période favorable, de voyager sur plus de 100 kilomètres par jour ». Les foyers de MHE sont peu nombreux depuis six mois en France. Y a-t-il une compétition entre les deux virus qui peuvent être hébergés par le moucheron, au profit de celui de la FCO ? Est-ce une autre cause ? La science n’a pas de réponse à ce jour.

Bernard Laurent

Les insecticides peu efficaces

La lutte contre les moucherons passe aussi par la gestion des effluents. Il faut éviter les croûtes sur les lisiers où les culicoïdes peuvent pondre. Les insecticides agissent trop peu de temps pour limiter leur population. « Ils ont un impact négatif sur l’environnement et peuvent provoquer des résistances. Or, il n’y a pas de nouvelles molécules. Leur utilisation doit se limiter aux transports ».


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