Des lycéens plantent des caféiers au Togo

L’Issat de Redon, en lien avec des partenaires associatifs et privés, a initié un projet de développement dans le sud du Togo. Les élèves, en stage, participent à des actions de solidarité.

Des jeunes étudiants dans une pépinière - Illustration Des lycéens plantent des caféiers au Togo
En pépinière, avec des membres de l’équipe locale et leur formateur Élarik Philouze.

REDON (35)

Café pour le climat. C’est le nom du projet d’agroforesterie initié par des professeurs de l’Issat (Institut secondaire et supérieur d’agro-technologies) qui vise à remplacer la monoculture du café dans une région du Togo. 4 000 hectares sont concernés. « L’objectif est de créer un écosystème avec, au minimum, une quinzaine d’espèces différentes », indique Élarik Philouze, formateur et référent des projets de solidarité. Des arbres de haut jet, susceptibles de fournir du bois précieux, comme l’ébène et l’iroko, voire des cocotiers, permettront à des fruitiers, plus petits – bananiers, avocatiers, cacaoyers et surtout caféiers – de produire à l’ombre des géants. Au sol, des légumineuses fourragères et des cultures vivrières – haricot, igname, taro – assureront l’alimentation du bétail et des habitants. Des lianes locales et mélifères apporteront leur écot. « La densité de caféiers sera quatre fois moindre qu’en monoculture. La maturation sera plus lente et le goût supérieur ». Des ruches seront disposées de manière à favoriser la pollinisation des plantes. Cet écosystème doit permettre de préserver la biodiversité et de lutter contre les effets du changement climatique.

Ils ont gagné en ouverture d’esprit

Financement de la Région Bretagne

Le projet, avalisé par les autorités locales, est réalisé en partenariat avec deux instituts techniques togolais, dont celui du Café-Cacao et avec une coopérative regroupant un millier de producteurs agro-pastoraux. Il est financé par la Région Bretagne, par l’Agence microprojets, par le mécanisme Finance carbone et par des donateurs. « Nous n’en sommes qu’au début. Le programme doit s’étendre sur cinq ans », précise Elarik Philouze. « Nous travaillons avec une équipe locale, sur place ». Au-delà des enjeux de climat, de protection des sols et de biodiversité, le projet répond aussi à la problématique de main-d’œuvre. « La pénibilité du travail dans les champs bloque beaucoup de jeunes Togolais qui préfèrent partir en ville pour chercher du travail. Nous finançons donc du petit matériel : tarières électriques pour faire les trous de plantation, faucheuses et girobroyeurs pour le désherbage mécanique… ».

Des lycéens impliqués

Café pour le climat sert de support de stage aux lycéens de l’Issat. « Les terminales en section Aménagement paysager, en CGEA (conduite et gestion de l’exploitation) ou en Laboratoire et contrôle qualité ont la possibilité d’y passer deux semaines, par groupes d’une douzaine. Le dernier groupe, ayant séjourné en novembre, a été réparti dans différents lieux de stage : pépinières de caféiers, fermes de polyculture-élevage et distillerie d’huiles essentielles pour élaborer des produits de protection des cultures ». Auparavant, ils doivent écrire une lettre de motivation et passer un entretien. Une réunion avec les parents et des étudiants revenus d’un séjour au Togo est également organisée. « Ils sont encore jeunes et l’adaptation n’est pas toujours facile même s’ils sont toujours en binôme ». Le programme des élèves sur place est coconstruit avec une ONG locale et les responsables d’exploitation.

Personnes en forêt tropicale
Élie et Maxence, avec un formateur togolais.

Un enchantement malgré les petits soucis

Le coût du séjour est pris en charge par Erasmus, à hauteur de 65 %. Les animations commerciales (vente de saucissons et de galettes), avant le départ, leur permettent de récolter un peu d’argent. Au final, les deux semaines leur reviennent à environ 400 euros, vol compris. Le prix d’une évolution qui peut être radicale chez des lycéens, à en croire certains parents : « Ils ont gagné en ouverture d’esprit ». Les petits problèmes de santé, notamment digestifs, inhérents à chaque voyage, sont vite oubliés. La plupart reviennent enchantés.

Bernard Laurent

En immersion professionnelle dans le secteur social à Marrakech

L’Issat de Redon développe aussi des projets au Maroc. Les élèves en formation Services à la personne peuvent y effectuer des stages dans des établissements pour personnes âgées, des orphelinats et aussi dans des restaurants solidaires. « J’ai découvert le projet du restaurant Amal : un centre de formation culinaire dédié aux femmes en situation difficile, leur offrant une seconde chance », indique Typhenn, de retour récemment d’un séjour de 17 jours, avec d’autres élèves de sa classe. Ce stage a permis aux stagiaires d’appliquer concrètement leurs apprentissages, tout en développant des compétences humaines et interculturelles. « J’ai adoré fabriquer du pain dans un four collectif avec des femmes en milieu rural. », témoigne Celia. Les enseignants de l’Issat envisagent de renouveler ce stage professionnel au Maroc en 2026, avec de nouveaux partenariats autour de projets solidaires, notamment en lien avec le restaurant Amal


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