Quel regard portez-vous sur le renouvellement des générations en agriculture ?
Même si on installe un jeune pour trois départs, cela entraînera mécaniquement moins de chefs d’exploitation, des exploitations plus grandes et davantage de salariés. L’agriculture va continuer d’évoluer vers des organisations plus complexes, avec de vrais enjeux de management. Le renouvellement des générations ne se résume pas à un chiffre : il change le visage même de l’agriculture.
Les jeunes qui s’installent aujourd’hui ont-ils un autre rapport au métier ?
Oui, clairement. Ils sont mieux formés, et surtout, ils ne sont plus prêts à attendre dix ans avant de dégager un revenu. Il faut que le projet fonctionne rapidement. Ils sont aussi très attachés à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Certains se projettent même sur des carrières agricoles plus courtes, avec la possibilité de changer de cap. C’est une rupture culturelle forte par rapport à ce que nous avons connu.
Cela remet-il en cause le modèle agricole traditionnel ?
On assiste à la fin progressive de l’agriculture conjugale telle qu’on l’a connue. Aujourd’hui, moins de 20 % des exploitants ont un conjoint agriculteur. Les exploitations deviennent multisites, parfois multiproductions, avec plusieurs salariés. L’exploitation n’est plus seulement un projet de vie, c’est un véritable projet d’entreprise.
Quel rôle la coopérative doit-elle jouer face à ces évolutions ?
La coopérative doit s’adapter à ces nouvelles attentes. Elle doit accompagner à la fois les cédants et les futurs installés, sécuriser les projets et apporter une vision économique claire. Notre responsabilité est d’aider à construire des projets viables, avec du revenu, de la visibilité et une marge de sécurité.
Au-delà de l’installation, quels défis structurants voyez-vous pour l’agriculture de demain ?
Il y a bien sûr les transitions : digitale, environnementale, climatique. La gestion de l’eau sera un sujet central, tout comme la décarbonation. Mais il y a aussi un enjeu géopolitique et alimentaire majeur. Pour la première fois, la balance commerciale agricole française est négative. En Bretagne, nous nourrissons chaque jour entre 18 et 20 millions de personnes. Maintenir une agriculture productive, diversifiée et résiliente est une nécessité stratégique.
Propos recueillis par D. Le Du
Muscler l’accompagnement
Eureden a structuré une offre complète dédiée à la transmission et à l’installation. Dix experts techniques, appuyés par des compétences juridiques et fiscales, accompagnent cédants et repreneurs dans la durée. La coopérative a également lancé Repriz Agri, une structure dédiée à la valorisation des exploitations, intégrant les dimensions foncières et immobilières. Objectif : sécuriser économiquement les projets et rendre les exploitations réellement transmissibles, jusqu’à la signature chez le notaire.


Pascal Dieusaert
Bonjour oui je suis d accord sur le principe mais reconnaissez vous que quelque chose ne correspond pas le prix de nos produits et les reprises de terres comme c est l’offre et la demande comment y remédier