Le robot de désherbage autonome Odd Bot prend, grâce à ses bras articulés se terminant pas des doigts, les plantes concurrentes présentes dans les cultures. Dans un champ de Sibiril (29), il a travaillé toute la nuit et se prépare à attaquer une nouvelle journée de désherbage.
Intervenir au stade cotylédon
Cet outil sur batteries, ici configuré dans sa version avec 3 bras, est équipé « d’une caméra à l’avant, qui visualise le relief, la culture en place », détaille Mathieu Berthou, commercial pour la SAS Le Saout Pierre, basée à Cléder (29). De plus, chaque bras dispose de sa propre caméra. Une fois la mauvaise herbe repérée, ce bras va s’activer, les doigts vont venir chercher l’adventice de manière chirurgicale, pour la déposer sur le côté. À chaque bout de planche, le robot réalise tout seul son demi-tour pour mieux repartir sur la planche suivante.

Intervenir précocement
Corentin Le Méhauté, représentant la société Odd Bot, explique que ce robot « tire ses meilleures performances quand les adventices en sont au stade cotylédon, là ou le personnel ne peut pas intervenir car ces adventices sont trop petites ».
Avant l’utilisation de ce type de solution de désherbage mécanique, « une bonne préparation des champs est nécessaire : un passage de rota est fortement conseillé en bout de butte pour préparer les manœuvres de demi-tour », note Mathieu Berthou. Aussi, l’agressivité des doigts peut se régler par une graduation à 5 niveaux. « Nous sommes aujourd’hui au niveau minimum d’agressivité ».

Mathieu Berthou signale que le robot ne fait pas tout, mais 75 % du désherbage est tout de même réalisé. « Les équipes de désherbage manuel préfèrent intervenir quand Odd Bot est déjà passé ». Premier robot de ce type commercialisé en France, des évolutions sont d’ores et déjà programmées, comme des doigts à meilleure préhension pour bien cerner la mauvaise herbe quand le temps est venteux.
Fanch Paranthoën