Méthanisation : quelques clés de lecture avant de s’y mettre

Pour décarboner l’agriculture tout en s’assurant des revenus complémentaires, la méthanisation est une solution qui présente des intérêts.

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L’investissement de départ est une composante importante de la rentabilité mais il ne constitue pas la seule part de variation dans la rentabilité.

En ce qui concerne les projets de méthanisation en agriculture, de nouvelles tendances, davantage tournées vers l’injection que la cogénération, semblent se dessiner. L’analyse de la rentabilité et de la valeur ajoutée de ces projets est essentielle afin de s’assurer de projets de diversification rentables.

Cap vers la rentabilité

Plusieurs paramètres, d’ordre technico-économiques, sont à avoir en tête pour augmenter la rentabilité des projets de méthanisation. Il faut notamment avoir une vision claire des principaux postes de charges d’exploitation qui sont la consommation électrique (8 % des charges de gestion), les frais de maintenance (15 à 20 % des charges), le coût des substrats incorporés (40 à 45 % des charges). Ainsi, le coût des substrats est de loin le plus important. C’est lui qui pèse le plus sur les charges d’exploitation d’une méthanisation. En effet, la dépendance de production d’électricité ou de biométhane à des substrats d’origine externe (types agro-industries) a un impact important sur les charges même s’il s’agit d’une source méthanogène très intéressante.

Taux de rentabilité interne

Sur le plan économique, l’approche du taux de rentabilité interne (TRI) permet d’apprécier la rentabilité dans le temps de son unité, en prenant en compte les flux de trésorerie (décaissement et encaissement). Pour exemple, en moyenne, les unités de cogénération oscillent entre 8 et 10 % de TRI alors que pour les unités en injection le rendement est autour de 9 à 12 %.

Certes, l’investissement de départ est une composante importante de la rentabilité mais il ne constitue pas la seule part de variation dans la rentabilité. Les charges de gestion sont en effet coûteuses et nécessitent un besoin de fonds de roulement important, susceptible d’impacter grandement le résultat économique.

Il est intéressant d’examiner la mesure de la capacité de remboursement de la dette (DSCR) qui se calcule en divisant l’EBE (du projet) par le service de la dette (capital + dette), car cela permet d’affiner l’observation de la production de marge permettant le remboursement de la dette. Cet indicateur doit être supérieur à 130 % afin de rassurer les banques lors du fonctionnement de l’activité.

Impact travail à ne pas négliger

Il est nécessaire aussi de prendre en compte l’impact du travail dans l’organisation et le fonctionnement de la méthanisation car un besoin en main-d’œuvre non couvert (fonctionnement quotidien, maintenance, alarme, administratifs) peut anéantir des projets pourtant rentables sur le long terme.

Pierre Menguy / Cogedis


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