Ille-et-Vilaine

« Un effet ciseau défavorable en 2023 »

Lors de l’assemblée générale de la Coordination rurale 35, le 23 février à Cesson-Sévigné, Luc Mangelinck (Cerfrance Brocéliande) est intervenu sur l’impact de l’inflation sur les exploitations agricoles.

« L’alimentation et l’énergie sont les moteurs de l’inflation, avec respectivement des hausses de 7 % et de 24 % entre 2021 et 2022. L’inflation profite aux gammes alimentaires ‘premier prix’ », a souligné Luc Mangelinck, responsable service Études et références chez Cerfrance Brocéliande. La hausse des taux d’intérêt observée actuellement a été voulue afin de réduire l’inflation, en freinant la demande.

Vers un ralentissement des investissements

« Mais un durcissement financier pourrait ralentir les investissements répondant en particulier à la transition énergétique et écologique, et faire pression sur les trésoreries. Des difficultés financières peuvent apparaître avec un risque de récession. Dans les années 1980, les secteurs textile et sidérurgie qui avaient des marges trop faibles ont connu un fort repli », rappelle l’économiste.
S’agissant de l’agriculture, des difficultés sont à prévoir sur 2023 car les charges engagées sont importantes pour des prix plus faibles en céréales, en lait notamment. « S’il baisse, le coût des engrais reste élevé en ce début d’année. Des propositions ont été faites par l’UE pour limiter ces coûts : plafonnement du prix de gros du gaz, aides pour les agriculteurs et les producteurs d’engrais… »
S’agissant de l’énergie, « devenue rare et chère, elle est totalement corrélée à la croissance. Les énergies renouvelables compenseront difficilement la fin des énergies fossiles. Une réduction des consommations va s’imposer. »

L’économiste s’interroge aussi sur l’impact de l’inflation sur la demande des consommateurs. Il pointe aussi les menaces de crises sanitaires animales, les aléas climatiques, les tensions géopolitiques… Le tableau n’est pas rose. Face aux incertitudes, il conseille « de sécuriser ses marges pour la vente des grains, d’anticiper les achats d’engrais, d’éventuellement se couvrir avec des assurances… »

L’enjeu de la trésorerie sur 2023

Sur les productions animales, des incidences fiscales sont à appréhender (baisse des taux de TVA, moins de dotations aux provisions entraînant un résultat exceptionnel…) et « conserver de la trésorerie est recommandé pour anticiper une hausse des prélèvements obligatoires et du besoin en fonds de roulement. » Pour l’avenir, des choix techniques peuvent permettre plus de résilience (rapport
intrants/énergie/marges, cultures peu consommatrices, contractualisation). L’autonomie est aussi une piste évoquée ainsi que l’investissement dans les économies et la production d’énergie.

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