« L’aval veut sécuriser son approvisionnement »

15322.hr - Illustration « L’aval veut sécuriser son approvisionnement »
L’assemblée générale de la FDSEA s’est tenue à Baud, le 10 mars dernier.

Intervenante à l’assemblée générale de la FDSEA 56, Anne-Cécile Suzanne, agricultrice et conseillère en stratégie, estime que les agriculteurs sont actuellement en position de force pour contractualiser à long terme. À condition d’être organisés. « Les entreprises de l’aval veulent absolument sécuriser leur approvisionnement français car les circuits se sont compliqués depuis la crise Covid et la guerre en Ukraine. Les agriculteurs ne sont malheureusement pas organisés pour jouer sur les partenariats de long terme ». Anne-Cécile Suzanne vise surtout les éleveurs de bovins. « Les organisations professionnelles ne sont pas suffisamment structurées dans beaucoup de filières. Les acteurs de l’aval souhaiteraient s’adresser à un seul interlocuteur. On en est loin ». Ces entreprises seraient prêtes, selon elles, à payer plus cher les fruits, les légumes, les produits animaux… « Auchan, Metro et les grandes enseignes sont pressés, ils veulent des solutions. L’intégration en est une, qu’ils n’hésiteront pas à adopter s’ils l’estiment nécessaire ». Le marché serait à un tournant, « la pénurie s’installe dans certaines productions ». L’an dernier, l’industrie agroalimentaire a retrouvé de la rentabilité. Un éleveur de bovins viande présent dans la salle fait remarquer : « C’est vrai, les industriels nous demandent de relancer la production. Mais comment faire avec autant de départs en retraite chez les éleveurs. Nous avons un problème démographique accentué par le fait que les banques ne veulent pas financer les installations de jeunes ». La conseillère en stratégie estime que le problème de décapitalisation est européen. « Les industriels peuvent accepter une hausse de 500 € par carcasse (de bovin). C’est le marché qui fait le prix. Il est illusoire de penser que l’État arrivera à régir les prix en économie ouverte. Je n’ai jamais cru à la loi Égalim. Le législateur ajoute des coûts pour tous les maillons ». Elle considère que l’idée de libre-échange n’est pas abandonnée, notamment vis-à-vis du Mercosur. « On…

Cet article est réservé
aux abonnés numériques

Je me connecte


Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article