La méthanisation, un tremplin pour des projets innovants

14589.hr - Illustration La méthanisation, un tremplin pour des projets innovants
Jean-Marc Onno, président de l’AAMB et Bruno Cale, secrétaire de l’AAMB
L’association des méthaniseurs bretons se réunit 4 fois dans l’année pour échanger sur différents sujets. Le 13 janvier, l’innovation était à l’honneur avec la production de BioGNV et de CO2 sur l’exploitation et du déconditionnement de biodéchets pour valorisation en méthanisation.

La méthanisation est bien le prolongement d’une exploitation agricole et cela permet d’innover et de lancer de nouveaux projets. L’association des agriculteurs méthaniseurs bretons (AAMB) qui compte 110 adhérents a présenté certains de ces projets innovants lors d’une journée qui s’est déroulée le 13 janvier à Josselin (56). Nicolas et Florent Morel, agriculteurs et méthaniseurs à La-Chapelle-Janson (35), possèdent depuis 3 ans une micro-station de BioGNV qui leur permet de valoriser leur production de biogaz pour faire le plein de leur tracteur de 155 ch et de différents véhicules d’exploitation fonctionnant au BioGNV. Yannick Laurent, installé à Milizac (29), participe avec d’autres agriculteurs-méthaniseurs de son secteur à développer une valorisation du CO2 produit par la méthanisation en vue d’une utilisation chez leurs voisins producteurs de tomates sous serre. « Cela éviterait de faire venir des Pays-Bas du CO2 produit chimiquement. » De son côté, Xavier Le Goff a investi dans une unité de bio déconditionnement sur son exploitation située à Plouaret (22). Il traite et hygiénise 6 000 tonnes de biodéchets venant de l’agroalimentaire, des collectivités, restaurants… « Je déconditionne des produits emballés qui, avant, étaient enfouis ou incinérés. Cette soupe de déconditionnement assure 50 % des besoins de mon unité de méthanisation. »

Une logique de transparence avec la Dreal

« Depuis 2017, nous échangeons avec la Dreal et nous lui fournissons le bilan de fonctionnement de nos unités de méthanisation. La Bretagne est la première région française à appliquer cela avec les services de l’État dans une logique de transparence afin de compiler des chiffres factuels sur ce qui rentre vraiment dans nos digesteurs », lance Jean-Marc Onno, président de l’association des agriculteurs méthaniseurs bretons (AAMB). Du côté des performances, une unité de méthanisation par cogénération bretonne fonctionne en moyenne 7 800 heures/an, un chiffre qui monte à 7 950 heures/an si on se focalise uniquement sur les installations agricoles.

6,5 % de maïs dans la ration

Les unités de méthanisation avec injection fournissent 87 % de la puissance potentielle sur le réseau de gaz. Un chiffre qui monte à 97 % lorsque l’on ne déduit pas l’énergie utilisée pour chauffer le digesteur. « En Bretagne, nous sommes sur une base de 65 à 70 % d’effluents d’élevage qui rentrent dans la ration du digesteur d’une méthanisation par cogénération. La pleine prime sur le tarif de rachat était accessible à partir de 60 % de valorisation d’effluents dans le méthaniseur. Pour les installations en injection, nous sommes à 50 % d’effluents dans la ration car il n’y avait pas de prime pour inciter à en mettre plus, mais cela va arriver bientôt avec les nouveaux contrats », indique Bruno Cale, secrétaire de l’AAMB. Les déchets venant de l’industrie représentent en moyenne 20 % de ce qui rentre dans un méthaniseur, les produits végétaux sont de l’ordre de 17 %. « Nous observons une légère baisse du maïs, la surface utilisée spécifiquement pour la méthanisation représente 0,16 % de la SAU bretonne. La moyenne est de 6,5 % de maïs ensilage dans la ration en Bretagne alors que la réglementation autorise jusqu’à 15 % de cultures principales. Le maïs permet de stabiliser la biologie du digesteur. Il est utilisé comme une sorte de probiotique », précise Jean-Marc Onno.


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