Economie, marchés et gestion

Un recul historique du cheptel truies en Europe

Près de 5 % de truies en moins lors du recensement de mai dernier, soit 500 000 truies. L’offre européenne va diminuer en 2023. Les effectifs polonais mais aussi allemand et danois baissent significativement. « L’augmentation de la productivité ne compensera pas la baisse de cheptel reproducteur », assure Élisa Husson, économiste à l’Ifip. La France résiste mieux grâce au soutien de l’État, au logo « Le porc français » et à moindre dépendance au grand export. Le solde commercial se dégrade en valeur car l’importation de produits transformés, à forte valeur ajoutée, augmente, en provenance d’Espagne mais aussi d’Italie et d’Allemagne (ces deux pays, affectés par la PPA, se tournent vers la France pour écouler leur production indésirable sur leurs marchés export habituels).

La consommation poursuit sa lente érosion dans l’Union européenne (surtout en Allemagne) même si les problèmes sanitaires dans la filière volaille sont favorables à la viande de porc. « Les cours resteront hauts, mais la répercussion des coûts de production de tous les maillons de la filière (aliment, main-d’œuvre, logistique, énergie…) jusqu’aux consommateurs est difficile ». La détection éventuelle d’un cas de peste porcine africaine pourrait accentuer les problèmes de la filière en France. « On estime que les prix baisseraient de 14 % sur 6 à 12 mois, voire plus si un élevage était atteint, en raison de la baisse des débouchés à l’export (notamment avec le Japon qui n’a pas encore accepté le principe du zonage)  ». Avec les coûts actuels record de production, qui devraient perdurer, les conséquences seraient sévères.

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