Cultures

Lupin d’hiver: anticiper les semis pour avoir toutes ses chances

L’implantation est l’étape clé de la culture du lupin. Elle se prépare dès la récolte du précédent, afin d’assurer les meilleures conditions de réussite de la culture, notamment vis-à-vis du risque mouche du semis.

Le choix de la parcelle est un critère très important pour la réussite du lupin d’hiver. Sont à éviter :

  • Les parcelles hydromorphes – le lupin est très sensible aux excès d’eau, beaucoup plus que le pois ou la féverole.
  • Les parcelles présentant un taux de calcaire actif supérieur à 2.5% – le calcaire actif bloque le développement du lupin, qui jaunit, reste nain et finit par disparaitre.
  • Les parcelles présentant un fort risque de salissement – peu de solutions sont homologuées sur lupin, la gestion de l’enherbement est un point sensible de l’itinéraire technique de la culture.
  • Choisir une parcelle saine, à pH à tendance acide, afin de favoriser le bon développement de la culture.

​​​​​​​Anticiper le risque mouche des semis

​​Afin de prévenir le risque mouche, 3 leviers doivent être actionnés :

  • Gestion des pailles : sitôt la récolte terminée, exporter au maximum les pailles afin de limiter la présence de résidus végétaux frais sur la parcelle
  • Préparer le sol un mois avant le semis, afin d’enfouir au maximum les pailles restantes, puis ne toucher plus au sol
  • Semer entre le 10 et le 30 septembre en bougeant au minimum le sol, dans des conditions ressuyées, à 3 cm maximum de profondeur, afin de favoriser une levée dynamique et atteindre rapidement le stade 4 feuilles (densité visée 20 à 25 plantes par m² en sortie d’hiver).

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La mouche des semis est un des principaux ravageurs du lupin. Attirée par les gaz émis par les pailles fraiches en décomposition, la femelle y pond plusieurs centaines d’œufs. Durant les 3 semaines qui suivent, la larve, très attirée par les graines en germination, peut s’attaquer aux jeunes pousses de lupin. Elle creuse ainsi des galeries dans les cotylédons, les tigelles et les jeunes pousses, détruisant le germe et provoquant le pourrissement des tissus. ​​​​​​​La période de risque pour le lupin se situe avant le stade 4 feuilles ; au-delà, les tissus sont assez durs pour résister.

Le lupin en non-labour
De nombreux agriculteurs, que ce soit par conviction par rapport à un type de sol ou un contexte climatique, ne peuvent ou ne souhaitent plus labourer.
Or l’impact d’un non-labour sur la pression mouche des semis est mal connu à ce jour.
Les premiers résultats des travaux menés depuis trois ans sur l’impact du non-labour sur la mouche des semis
tendent à souligner que c’est d’avantage la date du travail, plutôt que le type qui influe. Travailler le sol 3
semaines avant le semis permet de limiter fortement les attaques de mouches.

​​​​​​​Variétés

Quatre variétés de lupin d’hiver sont inscrites – ORUS, MAGNUS, ULYSSE et ANGUS. Ce sont principalement ORUS et MAGNUS qui sont multipliées aujourd’hui. ​​​​​​​Votre choix doit se faire en fonction du débouché (couleur des graines, teneur en protéines…), et de la localisation de votre parcelle (résistance au froid, précocité à floraison …).

​​​​​​​Penser à l’inoculum !

​​​​​​Contrairement au pois ou à la féverole, Bradyrhizobium lupini, le rhizobium spécifique au lupin, n’est pas
naturellement présent dans tous les sols français. Il est donc fortement conseillé d’inoculer une parcelle portant
pour la première fois du lupin, afin d’assurer son autonomie azotée.

Auteur : Agathe Penant – Terres Inovia

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