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Du lablab semé de chaque côté du rang de maïs

Coup d’œil sur le maïs

Anthony Kerhervé a semé 4 ha de maïs-lablab cette année. Un deuxième essai pour l’agriculteur qui croit en cette association qui a pour objectif de réduire la consommation de tourteau de soja sur l’exploitation.

« Il y a 2 ans ,j’ai fait un premier essai de semis de mélange maïs-lablab sur une surface de 2 ha. Cette année j’ai décidé de renouveler l’expérience et de semer 4 ha », témoigne Anthony Kerhervé, éleveur à Saint-Nolff (56) avec une référence laitière de 635 000 litres et 142 ha de SAU. Le lablab est une légumineuse qui est semée avec le maïs, l’idée première est d’enrichir l’ensilage en protéine pour réduire les achats de tourteau de soja.

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Anthony Kerhervé, éleveur à Saint-Nolff (56) et Jérémy Bonte responsable développement technique pour Semental.

Une répartition homogène dans la parcelle

« Habituellement, sur un semis de maïs-lablab les semences sont mélangées puis semées dans le même rang lorsque l’on utilise un semoir à maïs traditionnel. Visuellement cela ne va pas être régulier car il peut y avoir 2 ou 3 plants de maïs consécutifs avant de trouver un plant de lablab », explique Jérémy Bonte responsable développement technique pour le semencier Semental. Anthony Kerhervé a choisi de semer 100 000 grains/ha de maïs et 80 000 grains/ha de lablab. « J’utilise un semoir polyvalent pneumatique Aerosem de marque Pöttinger. Il me permet de semer mes céréales, prairies, couverts végétaux, petit pois et le maïs. Il possède 3 trémies ; dans les 2 extérieures je mets la semence de maïs et dans la centrale, que j’utilise habituellement pour l’engrais starter, c’est la semence de lablab. » Jérémy Bonte précise : « Avec ce semoir le lablab est semé de chaque côté du rang de maïs. L’effet visuel est rassurant pour l’agriculteur. Cette répartition plus homogène sur la parcelle permet de gagner en développement. »

Gagner entre 1,5 et 3 points de MAT

Idéalement, il faut attendre autour du 10 mai pour semer cette association maïs-légumineuse. Il faut aussi adapter son programme de désherbage car seules 2 ou 3 matières actives peuvent être utilisées par les agriculteurs. La culture n’est pas incompatible avec le binage. Le maïs et le lablab vont lever en même temps, mais le maïs va vite prendre le dessus. Vers la fin du mois de juillet, le lablab aura trouvé un plant de maïs pour s’en servir de tuteur sans le concurrencer. « En semant le lablab près du rang de maïs, il va rapidement trouver le plant pour s’en servir de tuteur. Pour fin août, le maïs et le lablab seront à la même hauteur », indique Jérémy Bonte. Le surcoût de cette culture en association est de l’ordre de 100 à 110 €/ha comparé à du maïs classique. « Avec un rendement de 14 à 15 t de MS/ha, il faut gagner 0,7 point de MAT pour rentabiliser le surcoût en se basant sur un tourteau de soja à 450 €/t. En moyenne le lablab permet de gagner entre 1,5 et 3 points de MAT. Il y a aussi un enrichissement de l’ensilage en fibre et une amélioration de la digestibilité », déclare le responsable développement technique de Semental.

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Un inoculant pour permettre au lablab de capter l’azote de l’air
L’Inra, la Chambre d’agriculture et Arvalis réalisent des travaux afin de pouvoir mettre sur le marché un inoculant pour les semences de lablab. Cet inoculant va permettre à la légumineuse de développer des nodosités pour qu’elle puisse capter l’azote de l’air afin de la rendre disponible pour la culture en place. « L’intérêt est de limiter la fertilisation azotée et d’obtenir plus de protéines ou de MAT dans l’ensilage de maïs », indique Jérémy Bonte.
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