De l’élevage de génisses à la barquette

12130.hr - Illustration De l’élevage de génisses à la barquette
Benoît et Stéphanie Blondy, avec Opaline Le Doucen, étudiante chargée de la communication, recevaient des élus la semaine dernière.
Bœuf bourguignon, boulettes de bœuf au cumin, hachis parmentier… La viande produite par Benoît Blondy, à Rohan, trouve toute sa place dans les recettes de son épouse, Stéphanie.

Un touche à tout. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier Benoît Blondy, salarié de l’agroalimentaire. Après avoir exercé plusieurs métiers et repris la petite ferme familiale d’une vingtaine d’hectares, il s’est lancé dans l’aventure de la vente directe des produits de la ferme. À savoir, la viande de la vingtaine de génisses blonde d’Aquitaine achetées à un éleveur du secteur et engraissées pendant trois ans exclusivement à l’herbe. « Ma femme est passionnée de cuisine », dit-il tout simplement, dans un grand sourire, pour expliquer la genèse du projet. Il n’en fallait visiblement pas plus pour transformer l’ancienne maison familiale en laboratoire équipé de matériel neuf et performant, paré à élaborer des chilis con carne, des lasagnes ou des hachis parmentiers.

En poches ou barquettes

Les deux salariés à temps plein, parents de trois enfants, consacrent week-ends et vacances depuis quelques années, à la préparation de leur affaire. Les plats préparés sur la ferme de Rohan, sont conditionnés en poches ou en barquettes recyclables, prêtes à être livrées en frais par transporteur spécialisé, partout en France. « Le commerce se fera de plus en plus via les réseaux sociaux », assure l’entrepreneur. Les clients sont des particuliers, des collectivités, des comités d’entreprises. « En plus des commandes en ligne, nous livrons aussi quelques supérettes et nous sommes présents sur les marchés de Loudéac et de Rohan », ajoute Stéphanie. « Cela nous permet de nous faire connaître en local ».

Un cuisinier professionnel

Actuellement, 2 500 plats peuvent être livrés par mois. Si Stéphanie élabore les recettes, c’est un ami cuisinier, autoentrepreneur, qui travaille « aux fourneaux », épaulé par un apprenti. La gamme de plats est assez large. « Nous utilisons des bêtes entières. Les morceaux de l’avant, moins demandés, sont plutôt proposés dans des recettes de viande hachée ; les autres en sauce ». Une étudiante en alternance travaille la communication sur les principaux réseaux. « C’est un projet innovant », dit-elle, « il n’y avait rien de fait quand je suis arrivée. Cela m’a permis de voir tous les aspects de la communication ». La manière dont sont élevés les animaux est mise en avant : pâturage toute l’année, abris dans les bois alentours, sans alimentation OGM… De la même manière, des vidéos sur le travail en cuisine sont régulièrement diffusées sur les réseaux. Le projet, qui a eu le temps de mûrir pendant la période Covid, est lancé. Seule la livraison parfois lointaine est susceptible de ternir un bilan carbone très faible sur la ferme. Elles devraient, à l’avenir, se recentrer sur la Bretagne.

Soutien financier de la Région

Les plats « maison » sont confectionnés sur place dans l’ancienne résidence des grands-parents du dirigeant qui a été réhabilitée et transformée en atelier de préparation alimentaire pour un montant de 180 000 €, avec le soutien de la Région (18 000 € au titre d’un Pass Investissement TPE). Celle-ci entend s’engager en faveur d’une alimentation saine et de qualité. Jeudi dernier, Élisabeth Jouneaux-Pedrono, conseillère régionale du secteur, s’est rendue sur place pour faire un point d’étape, un an après le lancement de l’activité.


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