CulturesMorbihan

Couverts sur buttes d’automne : une technique d’avenir ?

Pomme de terre

Toujours à l’affût de pratiques innovantes, les agriculteurs du bassin versant du Blavet testent des intercultures adaptées à leurs rotations. Depuis 2020, l’EARL Le Tumelin, à Noyal-Pontivy (56) s’essaie aux semis de couverts végétaux sur des buttes d’automne.

Limiter l’érosion des sols, conserver leur fertilité ou encore lutter contre les ravageurs, les avantages des couverts végétaux sont multiples. Dans le Morbihan, le Syndicat de la Vallée du Blavet, Eureden et Bretagne Plants s’intéressent notamment à leurs rôles en rotation légumes et grandes cultures. Avant pomme de terre, la préparation de sol peut être à l’origine de problématiques d’érosion. Pour les limiter, le buttage d’automne peut être envisagé. Cette technique consiste à former les buttes en fin d’été et d’y semer un couvert végétal qui restera jusqu’au printemps.

Pourquoi former ces buttes si tôt ?

L’intérêt des buttes d’automne est de réduire l’intensité du travail du sol. En effet, la formation des buttes en fin d’été permet d’intervenir dans des conditions sèches et portantes. « On limite la compaction, la consommation de gasoil et on augmente le débit de chantier », précise Victor Leforestier, agriculteur en Seine-Maritime et formateur en agriculture de conservation chez Icosystème. « On intervient également pendant une période où la vie du sol est au repos ». De plus, la mise en place d’un couvert protège les billons de l’érosion et d’une prise en masse pendant l’hiver. Afin d’améliorer la technique, il faudra certainement « jouer du poste à souder » pour bricoler un semoir capable de semer dans l’interbillon. Cela permettra d’avoir un couvert plus homogène.

Après la récolte du blé, un déchaumage a été effectué, suivi d’un passage d’outil à dents, d’un billonnage et du semis d’un couvert sur les buttes. « Le couvert a été semé le 20 août avec un semoir à bottes », explique Philippe Dolo, responsable du développement technique chez Bretagne Plants. « Nous avons choisi un mélange de radis chinois, trèfle incarnat, phacélie et vesce ». Malgré des conditions météo peu favorables en août dernier, le couvert est aujourd’hui bien développé avec environ 7 t MS/ha. Il sera détruit quelques semaines avant l’implantation des pommes de terre au printemps. Avant le billonnage et le tamisage, un passage de broyeur sera réalisé, notamment pour détruire les radis chinois. « Quand le couvert est bien implanté, le travail du sol au printemps est limité », conclut Philippe Dolo.

Un peu d'histoire
Les buttes d’automne ont été initiées par les Suisses et les Bavarois à la fin des années 1990, avant d’être exportées en Belgique. En France, la technique est surtout répandue dans les Hauts-de-France où les terres sont peu caillouteuses et où le tamisage est donc limité.

Peut vous intéresser

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Lire aussi...
Fermer
Bouton retour en haut de la page
Fermer