Le prix de la rareté

À la fin du Néolithique, la carrière de dolérite de Plussulien (22) fut l’un des plus grands sites européens de production de haches taillées et polies. À l’époque, elles étaient une monnaie d’échange très prisée jusqu’à la Vallée du Rhône, l’Alsace, et même l’Angleterre. Aujourd’hui, qui voudrait être payé en hache préhistorique ? C’est une règle qui vaut depuis que l’homme commerce : tout ce qui est rare et tendance est cher. Aujourd’hui, Homo sapiens préfère les terres dites rares à la roche dure et dense de Plussilien. Sauf que le marché de ces terres rares (et chères), si utiles à la fabrication de puces électroniques, a été déstabilisé par la pandémie et ses effets connexes. Une mauvaise nouvelle pour l’industrie automobile contrainte d’arrêter certaines chaînes de fabrication ? Pas tant que cela. Leurs résultats financiers atteignent des « records historiques », font observer les analystes économiques. Faut-il le rappeler : Tout ce qui est rare est cher… Moins de voitures sorties des usines égale moins de rabais, et de meilleures marges pour le secteur qui mise sur les véhicules électriques haut de gamme à forte valeur ajoutée… Dans le secteur de l’alimentaire aussi la crise sanitaire a bouleversé les marchés. Mais, les agriculteurs qui se sont fait un point d’honneur à approvisionner les Français durant les différentes périodes de confinement n’ont pas profité de l’effet d’aubaine tombé comme une pépite du ciel sur le marché automobile. L’Observatoire des coûts de revient de Cerfrance Bretagne le démontre pour la production laitière : « Les volumes de lait vendus par UTH continuent de croître (…) la valeur ajoutée par UTH diminue de 3 200 €. » Pas assez rare, le lait ? Pas encore……

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