L’eau

En Bretagne, plus qu’ailleurs, l’eau est toujours parue intarissable. Voire surabondante. L’année 2022 montre une nouvelle fois que ce n’est pas toujours le cas. Si la sécheresse a sérieusement compromis les rendements des cultures, l’essentiel a néanmoins été préservé dans les fermes : les animaux n’ont pas dû être rationnés en eau. Certes, les deux mois à venir peuvent encore révéler des surprises car, comme le savent les paysans, le remplissage des nappes dépend de la pluviosité de l’automne et de l’hiver. De l’abondance des pluies des prochains mois dépendra la capacité des sols à résister à une éventuelle sécheresse en 2023 ; et aussi à atténuer les potentielles canicules. Car une plante correctement alimentée en eau l’été humidifie et rafraîchit son environnement par le phénomène d’évapotranspiration. Un seul chêne adulte relargue ainsi quelque 500 L d’eau par jour ; quant à un hectare de maïs, il lâche 40 000 L d’eau par jour. Les spécialistes du climat expliquent en effet que la moitié l’énergie du soleil est « absorbée » par l’évapotranspiration des plantes qui relarguent de la vapeur d’eau dans l’atmosphère. Elles agissent ainsi comme des climatiseurs naturels et alimentent les nuages… qui alimentent la pluie. D’où l’intérêt de ne pas laisser les sols nus, de planter des arbres, de reconstituer le bocage qui limite aussi le dessèchement des champs par effet brise-vent. L’autre façon de garder l’eau dans les champs consiste aussi à augmenter le taux de matière organique car l’humus agit comme une éponge : il améliore la réserve utile des sols et facilite la remontée par capillarité de l’eau située en profondeur. N’en déplaise aux détracteurs de l’élevage : les bouses des vaches sont à la terre ce que les nuages sont au ciel……

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