ÉlevageIlle-et-Vilaine

Le robot racleur qui « avale » tous types de lisiers

En créant leur nouveau bâtiment, les associés du Gaec des Deux Vallées, à Poilley (35), ont maximisé l’automatisation. Ils sont aujourd’hui libérés de tâches physiques chronophages. L’équivalent d’un UTH a été gagné.

Quand Anthony Robidel s’est installé en 2014 avec ses parents à Poilley, il a repris une exploitation de 35 vaches laitières avec un bâtiment doté d’une salle de traite. Dans un premier temps, « les deux troupeaux de vaches, celui de mes parents et le mien, ont été gardés sur chaque site avec deux salles de traite séparées »,
explique l’éleveur. Au départ en retraite du père d’Anthony, le Gaec a investi dans un bâtiment neuf avec 130 places de logettes, fortement automatisé pour améliorer les conditions de travail sur l’exploitation. « Les génisses sont gardées sur le site de mes parents. »
Aujourd’hui, Anthony Robidel et sa mère, Laurence, gèrent un troupeau de 110 vaches (60 % de Prim’Holstein et 40 % de Normandes) épaulés par un apprenti. La production est de 850 000 L sur une SAU de 110 ha. Mis en service en septembre 2020, le nouveau bâtiment abrite plusieurs équipements de la marque Delaval installés par les Etablissements Lefort, entreprise basée à Mézières-sur-Couesnon.

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Anthony Robidel (à gauche) et Julien Bulourde dans le nouveau bâtiment fortement automatisé.

Le premier robot racleur Delaval sur l’Ouest

L’élevage a même testé le robot Collector, l’innovation de Delaval présentée officiellement en février dernier. « Ce n’est pas un aspirateur mais un collecteur de lisier. Il avance silencieusement. Des pales amènent le lisier dans une caisse à l’arrière. Et le robot va se vider régulièrement dans une trappe donnant sur une préfosse reliée à la fosse à lisier. Un des intérêts est qu’il n’y a pas besoin d’eau et donc pas à prévoir des capacités supplémentaires de fosse. L’environnement est plus sec. Il collecte tous types de lisiers, y compris avec des morceaux de paille jusqu’à 6 cm. Il ne se bouche pas… », détaille Julien Bulourde, commercial des Ets Lefort. « L’outil est guidé par sonde sur le sol pour éviter qu’il ne se perde. » Pour un RC 700 (ayant la plus grande capacité), il faudra compter environ 38 000 €.
« Je trouvais cette solution plus simple à mettre en place qu’un racleur. Le collecteur sort 18 fois par jour. Il est programmé pour passer plus régulièrement dans des endroits plus sales comme les arrières de logettes et moins souvent dans les zones plus propres : deux fois par jour derrière les cornadis par exemple », précise Anthony Robidel (qui met de la farine de paille sur les logettes). « Ce matériel contribue à mieux gérer les problèmes de pattes en laissant le sol propre. » Sa mise en place a permis de limiter le nombre de marches dans le bâtiment.

Le robot qui repousse et mélange le fourrage

Autre matériel permettant à l’éleveur un gain de temps : l’OptiDuo qui fait plus que repousser le fourrage. « Il le rafraîchit en mélangeant la ration. De grandes quantités de fourrages et même de l’affouragement en vert peuvent être brassés. Il est guidé par un fil enterré en cuivre et peut s’adapter à diverses configurations d’élevages », note Julien Bulourde.
Sur le Gaec des Deux Vallées, le repousse-fourrage passe 5 fois par jour (à 12 heures, 17 h, 21 h, 1 h et 4 h) s’approchant des cornadis de 10 cm à chaque passage. « La sécurité est assurée avec un arrêt automatique de l’outil en cas d’obstacle. » Il faut compter un investissement autour de 20 000 € pour ce type d’équipement.
Par ailleurs, deux robots V 300 effectuent la traite (coût de 250 000 € au total). « Ils sont équipés de la mesure de conductivité quartier par quartier et de la détection des cellules. Les pattes y sont lavées grâce au système de pulvérisation d’eau. On pourrait y ajouter un désinfectant. » Les éleveurs apprécient de ne plus faire la traite. « Cela me prenait 2,5 heures chaque matin et chaque soir, un peu moins pour ma mère. Aujourd’hui, j’arrive sur l’élevage à 6 h 30. Auparavant, c’était à 4  h 30… », apprécie Anthony Robidel.

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Le robot qui repousse et mélange le fourrage passe 5 fois par jour.

Plus 3 à 4 kg/VL/jour depuis la mise en place de la traite robotisée

Les vaches se sont bien habituées à la traite robotisée. Pour les primipares, il faut environ 2 jours d’apprentissage du circuit. « J’ai préféré mettre en place un parc d’attente – de 7 m sur 12 m – devant les robots avec quatre portes anti-retour. Le matin, j’y place toutes les vaches non traites et les génisses qui passent ainsi obligatoirement par le robot, ça me fait gagner du temps. En sortie de traite, les vaches retournent dans la zone des logettes ou peuvent être orientées vers des box en aire paillée. » Avec la traite robotisée, le producteur enregistre une augmentation de production de 3 à 4 kg/VL/jour.
Au robot de traite, les vaches reçoivent du correcteur et de l’aliment VL stockés dans des silos extérieurs. « Avec le même système de vis, nous pouvons aussi amener des aliments au robot à partir d’un stockage à plat sur les élevages qui le souhaitent », fait remarquer Julien Bulourde.

La ventilation automatisée via une station météo
D’autres matériels innovants Delaval équipent le bâtiment : les matelas à mémoire de forme, les abreuvoirs et les limiteurs d’avancement (en polyéthylène) qui aident les vaches à se relever sans se cogner à la barre au garrot. « C’est plus de bien-être animal », précise Julien Bulourde. La ventilation est également automatisée grâce à une station météo intégrant la température, le vent et la pluie. « Les filets brise-vent s’abaissent à partir d’une température de 9 °C. Ils peuvent se refermer d’un seul côté, ouest ou est, selon les vents, les pluies… », note Anthony Robidel. Les portes donnant sur les couloirs d’affouragement se lèvent automatiquement au passage du robot repousse-fourrage.

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