Le pH conditionne la vie du sol

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Les vers de terre tolèrent une large plage de pH, mais les espèces endogées ou anéciques préfèrent les pH entre 6 et 7. © Arvalis Institut du Végétal
La plage de pH souhaitable se situe entre 6 et 6,5, car c’est le meilleur compromis pour disposer d’une bonne fertilité tout en préservant la vie du sol et en rendant disponible bon nombre d’éléments traces métalliques.

Le pH est une donnée « essentielle de la fertilité des sols. Le pH idéal est un compromis car les interactions sont multiples », introduit Bruno-Félix Faure, animateur du groupe Sab (statut acido-basique) du Comifer, lors d’une journée technique organisée par ce comité d’étude. Des pH très acides conduisent à un appauvrissement de la vie biologique et pourront expliquer des carences induites ou des toxicités, comme c’est le cas avec l’aluminium.
Le statut acido-basique favorise ou nuit aux organismes du sol selon sa valeur. « La mésofaune et la microfaune préfèrent généralement des pH plutôt acides. Les vers de terre sont retrouvés dans une grande plage de pH, et tolèrent des valeurs de 4,5 ou de 8 », fait observer Matthieu Valé, responsable technique chez Aurea. Le technicien explique que « les espèces épigées sont plus tolérantes à l’acidité, les endogées et anéciques préfèrent des pH de 6 à 7 ».

Un équilibre fragile

Les bactéries comme les rhizobiums ont un optimum de croissance à un pH de 7 à 7,5. L’acidité du sol va limiter pour une culture de luzerne « la production de molécules ‘signal’ pour attirer ce rhizobium. À cela s’ajoute une plus faible disponibilité en calcium et molybdène à cause de ce pH. Or ces éléments sont nécessaires à la formation des nodules », note Matthieu Valé.
Jean-Yves Cornu, de l’Inrae, spécifie le lien étroit entre disponibilité des éléments traces métalliques (ETM) et pH. « Les céréales sont sensibles aux excès ainsi qu’aux carences en cuivre. Mais la fourchette est très étroite : entre 3 et 5 mg/kg de sol, il y a carence ; entre 20 et 30 mg / kg, il y a excès ».
Le pH joue un rôle sur la disponibilité des ETM. Pour exemple, le cuivre et le zinc seront d’autant plus présents dans la solution du sol que le pH s’élève.
Les racines des cultures « les prélèvent sous forme ionique en solution. Or, ces ETM se trouvent souvent à l’état solide dans le sol ». Ces éléments doivent donc être rendus solubles et sous une forme libre pour permettre la nutrition des plantes.

pH et rhizosphère

La rhizosphère possède un pH « plus élevé ou plus faible que le reste du sol », observe Matthieu Valé. « Cet écart varie selon l’espèce, le stade de croissance, le type de sol et la nature des ions dans la solution du sol ». Cette zone intime et liée aux racines est également dépendante « du type de fertilisant apporté. Une fertilisation à base d’azote ammoniacal acidifiera le milieu ». Le pH de la rhizosphère dépend aussi du stade des plantes : il sera plus bas à un stade jeune des cultures et peut s’inverser.


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