Economie, marchés et gestionFinistère

La grange ouvre ses portes

Afin d’étoffer la gamme proposée à ses clients, Marc Le Verge lance un magasin où il écoule sa viande charolaise ainsi que des produits locaux.

« En 2003 lors de mon installation, le retour sur investissement d’une production de viande bovine était très lent. On espérait des prix rémunérateurs, qui ne sont jamais arrivés », se souvient Marc Le Verge, éleveur de Charolaises à Bodilis. En 2009, c’est « un nouveau serrage de vis avec une grave crise conjoncturelle en viande bovine ». Le Finistérien pense arrêter son activité, mais une rencontre avec le gérant du Centre Leclerc de Landerneau relance ses espoirs. « Nous nous sommes regroupés à 6 producteurs pour vendre nos carcasses. J’ai repris goût au métier ». Cet heureux tournant enclenche une série de décisions sur la ferme, avec la mise en place d’un laboratoire en 2013 pour la découpe et la vente en magasin à la ferme de viande sous la marque « Le bœuf s’emporte ». Sous le slogan « Né, élevé et transformé à la ferme », Marc Le Verge a pu ressentir la demande du consommateur.

La crise sanitaire a multiplié par 4 l’activité du magasin, « avec une clientèle plus jeune attentive au bien-être animal, aux pratiques culturales. C’est une nouvelle façon de consommer », perçoit Marc Le Verge. Une étude de marché réalisée par des étudiants montre que l’offre doit s’étoffer, c’est pourquoi le site a connu une nouvelle étape, avec la réhabilitation d’une ancienne longère pour accueillir un magasin de producteurs : c’est la naissance de « La Grange du Guilar », qui a ouvert ses portes mercredi dernier. Dans cette grange qui a abrité tour à tour des vaches, des veaux, des chevaux puis des truies, ont aujourd’hui pris place des produits locaux sur 60 m2 de magasin.

Proximité avant tout

Pour alimenter les rayons, viandes de la ferme, mais aussi légumes, crémerie, savons, boissons ou épicerie que Marc Le Verge a trouvé à proximité de chez lui. « 80 % de ces produits viennent d’un rayon de 30 km autour de Bodilis. J’aime donner leur chance à des nouveaux producteurs ». Cette proximité se retrouve aussi dans la clientèle. 90 % des consommateurs du magasin actuel viennent de seulement 5 km autour de Bodilis.
L’éleveur explique en apprendre beaucoup de ses clients, « les questions sont toujours bienveillantes, c’est constructif ».

« Je reste éleveur »

Ce projet qui voit le jour n’empêche pas l’agriculteur de garder la tête sur les épaules. « Je reste éleveur. Il y a beaucoup de capitaux engagés, c’est un équilibre qui reste tendu ». Pour mener à bien cette activité, Marc Le Verge emploie un salarié ainsi qu’un boucher pour la découpe et la transformation de produits préparés. Si la vente directe passe désormais d’un complément de revenu à une activité principale, le Bodilisien n’oublie pas de se former à cette nouvelle façon de travailler, en participant au réseau Plato, qui regroupe des gérant de PME/PMI, « pour comprendre ce qu’il se passe dans les autres professions. C’est aussi une façon de participer à un réseau d’échange, on a les mêmes problématiques », conclut-il. 

1re marque nationale de vente directe
Marc Le Verge fait partie du réseau Bienvenue à la ferme, qui représente « la 1re marque nationale de vente et d’accueil à la ferme », rappelle Catherine Auffret-Laurent, animatrice de l’association pour le Finistère. En Bretagne, 170 points de vente et drives fermiers adhèrent à ce réseau, la marque est reconnue par 42 % des consommateurs français.
Mots-clés

Peut vous intéresser

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer