Le douchage, une solution en cas de fortes chaleurs

6506.hr - Illustration Le douchage, une solution en cas de fortes chaleurs
De gauche à droite : Philippe Sourdril, François Guiné et Pascal Sourdril, dans leur bâtiment.
Quand la température monte, les vaches circulent moins, perdent de l’appétit, peuvent même afficher des mammites. Grâce au douchage, le Gaec de la Haute Pironnière n’a pas observé de « baisse de régime » de ses laitières en 2020.

Dans leur bâtiment récent de 2,5 ans, les trois associés du Gaec de la Haute Pironnière à Essé (35) mettent tout en œuvre pour assurer le confort des vaches laitières. « Pour bien produire toute l’année, elles doivent être dans de bonnes conditions. Et des vaches en bonne santé, c’est davantage de bien-être animal et de confort de travail pour nous », précise Philippe Sourdril, associé avec son frère Pascal et François Guiné. En traite robotisée, le troupeau de 100 vaches laitières affiche une moyenne d’étable de 12 000 L.

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Avec des températures qui battent régulièrement des records en été et des moyennes globales en hausse, les éleveurs ont fait le choix d’investir en 2020 dans un système de douchage des vaches conçu par la société Orela (Douch’Orela). C’est le premier que l’équipementier installe en Bretagne. En acier galvanisé et inox, il se fixe simplement sur les cornadis. Sur le Gaec, l’installation fait 72 m linéaires, avec une buse tous les 3 m. En parallèle, quatre brasseurs d’air horizontaux de la même marque ont été installés dans la stabulation. « Ils fonctionnent en permanence toute l’année, plus ou moins rapidement selon la température de l’air », souligne François Guiné.

30 secondes toutes les 10 minutes

De son côté, le douchage se déclenche automatiquement quand la température ambiante atteint 30°C, pour une période de 30 secondes toutes les 10 minutes. Le système est coupé entre 10 h et 22 h. « Ce sont les critères que nous avons mis en place après un temps d’adaptation : un équilibre est à trouver en fonction de l’élevage. Le but n’est pas d’avoir des vaches complètement trempées… », ajoute Pascal Sourdril. Les associés ont investi au total 25 000 € HT pour la fourniture et la pose des 4 brasseurs et du douchage. La part du douchage s’élève à 4 800 € HT avec la pose.

Les vaches apprécient

Ce premier été avec le douchage et les ventilateurs s’est bien passé sur le Gaec. « En été 2019, nous avions connu une chute de production suite à des épisodes de forte chaleur. Des mammites étaient apparues, sans doute du fait d’une alimentation moins importante. Lors des pics de températures, les vaches avaient les langues sorties, montraient une salivation importante. Comme les fourrages chauffaient, nous avions été obligés de passer à deux distributions par jour », témoignent les éleveurs.
En 2020, la circulation des vaches est restée habituelle lors des fortes chaleurs. « Elles apprécient le douchage, viennent manger quand il se déclenche. Nous sommes restés à une distribution de ration quotidienne et n’avons pas eu plus de mammites qu’à l’ordinaire (nous en avons peu). Avec l’eau qui arrive au-dessus des cornadis, le fourrage reste appétent », constatent les éleveurs.

Deux robots-aspirateurs

On pourrait penser que le douchage amène trop d’eau dans la stabulation, mais avec un bon « dosage », l’ambiance reste saine, l’eau s’évapore rapidement en été. Et les deux robots-aspirateurs peuvent bien œuvrer au nettoyage des aires d’exercice. « Ces outils nous aident à maintenir nos vaches propres et en bonne santé », soulignent les éleveurs qui n’ont pas de problèmes de dermatite sur le troupeau.

Un bâtiment bien aéré

Le bâtiment est ouvert sur les 2/3 d’un des longs-pans et dispose d’un filet brise-vent amovible sur l’autre. Sur les pignons, des tôles à ventelles participent à l’aération. « Dans un bâtiment bien aéré comme celui-ci, j’ai conseillé aux éleveurs de s’orienter vers le douchage plutôt que la pulvérisation », indique Jean-Marc Cazée, chef de produits Orela. Le douchage répand de plus grosses gouttes d’eau sur les animaux. En option, des détecteurs de présence permettent d’économiser l’eau. « Je les préconise plutôt dans les zones où l’eau est moins accessible. »


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