Élevage

En Simmental, une seule race pour deux ateliers

Sur l’EARL de la Basse Cour, on parle de GMQ, de conformation, de poids de carcasse… On parle aussi de lait. « La Simmental est une vraie race mixte qui prend de la viande dès qu’elle baisse en production laitière. »

La Simmental est arrivée il y a 14 ans sur l’EARL de la Basse Cour basée à Courgains dans la Sarthe. Pour augmenter la valeur ajoutée sur l’exploitation, Laurent Galpin et sa femme Nathalie avaient décidé de changer de race bovine, passant de la Holstein à la Simmental. « Elle nous permettait de créer un atelier sans nouveau bâtiment et en limitant le travail supplémentaire. » Pour les éleveurs, cette « vraie race mixte est intéressante pour l’avenir car elle offre une bonne valorisation de la viande et du lait. » Un cumul apportant une réponse aux enjeux environnementaux et aux besoins en viande de femelle (ou bœuf) français en vue de se substituer aux importations.
« Aujourd’hui, nous élevons 45 jeunes mâles et femelles par an. Les mâles sont engraissés en bœufs car il n’y pas encore de débouché pour les veaux », note Laurent Galpin. Les femelles et mâles pâturent ou reçoivent une ration de 50 % de luzerne et 50 % de maïs avec des minéraux. Sur la finition, la ration est basée sur 1/3 de luzerne et 2/3 de maïs plus un correcteur azoté et des minéraux.

400 kg de carcasse à 26-27 mois pour les bœufs

« Ces animaux offrent de la précocité avec des carcasses, pour les bœufs, de 400 kg à 26-27 mois. Mon objectif est de réduire l’âge de départ à 24-25 mois. » Les génisses vêlent toutes au moins une fois, à 2,5 ans en moyenne. Les vaches font autour de 3 lactations. Les réformes se situent à 480 kg de carcasse. Classés R= ou R+ avec une note d’engraissement de 3, les mâles sont actuellement vendus 3,25 €/kg et les femelles 3,28 €/kg.
« La Simmental s’engraisse facilement dès qu’elle chute en lait. Nous ne faisons pas de tarissement avant la réforme pour ne pas leur changer d’environnement, les vaches restent dans le troupeau des laitières avec une production quotidienne de 10 L environ pendant 1 à 2 mois. » Les vaches, qui ne sortent pas au pâturage, sont conduites en aire paillée : plus facile avec de tels gabarits… « Pour avoir des vaches propres, la litière est curée tous les 4 à 5 jours. Je mets 16 à 17 kg de paille/VL/jour. Il me faut une quantité annuelle de 450 t de paille. »
« En Holstein, nous avions déjà de gros gabarits : environ 30 % des carcasses faisaient 400 kg. Les vêlages étaient parfois compliqués surtout pour les mâles. » Avec la Simmental, il n’y a plus de problème lors des naissances. « C’est une race rustique, fertile avec une bonne réussite à l’IA. Je n’ai que 4 à 5 mammites par an. Nous n’avons quasiment jamais de pénalités laitières. La production est de 8 000 L avec un TP de 36 et un TB de 46. La plus-value permise par rapport au prix de base avoisine 50 €/1 000 L. »

Simmental
La Simmental s’engraisse facilement dès qu’elle chute en lait.

Des génisses venues d’Autriche

Laurent et Nathalie Galpin sont passés en Simmental en achetant des génisses de race pure en Autriche, pays où la conformation est plus importante qu’en Allemagne, davantage orientée « lait ». « Nous faisons des IA avec 5 à 6 taureaux par an que je choisis pour répondre à mes objectifs. Je souhaite monter à 9 000 kg de lait tout en gardant la viande. Je reste vigilant sur les taux et les aplombs. Par ailleurs, je ne fais plus que des IA “sans cornes” : la 2e génération de génisses sans cornes vêle actuellement et devrait donner environ 70 % de veaux sans cornes. Grâce au travail mené par les Allemands et les Autrichiens depuis longtemps sur le “sans cornes”, on peut avancer rapidement aujourd’hui. Il y a une réelle demande. » Cette année, sur 48 taureaux génomiques proposés par l’OS Simmental, 12 sont “sans cornes”, homozygotes ou hétérozygotes.

Traite au robot

« Pour faciliter nos conditions de travail, nous avons mis en place un robot il y a 7 ans où sont traites les 50 vaches laitières. Elles y reçoivent au maximum 4 kg/VL/j de concentrés. » Les deux associés avec un salarié à temps partiel produisent 450 000 L de lait et gèrent une SAU de 148 ha comprenant 20 ha de prairies naturelles, 10 ha de luzerne (enrubannée), 29 ha de maïs ensilage, 60 ha de blé et 29 ha de betterave sucrière. Les prairies naturelles sont valorisées par les génisses et les bœufs.

La force du partenariat européen
« La Simmental est la race mixte qui a l’intervalle vêlage-vêlage moyen le plus court et qui affiche le moins de cellules », souligne Alexandre Rebillard, technicien dans l’Ouest de la France pour Simmental France (organisme de sélection). Un poste qui a été créé pour développer la race sur ce territoire. Originaire de Suisse, la Simmental est très développée en Allemagne (présente dans 50 % des élevages) et encore plus en Autriche (75 %) où elle porte le nom de « Fleckvieh ». De gros élevages sont situés en Tchéquie. En France, la Simmental est davantage présente dans le Grand Est (Côte-d’or, Haute-Marne) et dans le Massif central. La France compte 1 750 élevages. Dans le Grand Ouest, une trentaine d’élevage sont en race pure. Chaque année, l’OS propose aux éleveurs une trentaine de nouveaux taureaux génomiques et une vingtaine de confirmés. « Le schéma sélectionne pour l’IA les 5 meilleurs taureaux français et les autres sont issus d’un partenariat avec les organisations autrichiennes et allemandes. Le coût est de 19-22 €/dose et de 50 € en semence sexée. Dans l’espace “adhérent” sur notre site internet, les éleveurs peuvent faire une simulation des accouplements (index, consanguinité…). » Alors que le génotypage était utilisé dans le schéma uniquement, il va aujourd’hui être accessible aux éleveurs.
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