ÉlevageEnergies et environnement

Une micro-méthanisation en couvrant la fosse

Le système de couverture de fosse pneumatique Nénufar permet aujourd’hui de capter le biogaz et de faire tourner un moteur de cogénération produisant de l’électricité. Une affaire rentable avec des investissements limités.

Lors de la construction de leur stabulation neuve en 2016, Christophe, Armelle et Rémi Cadio ont surdimensionné la fosse à lisier. Les associés du Gaec de Pécane, à Bréhan (56), avaient à l’époque 100 vaches, depuis l’effectif est passé à 150 laitières. « Notre fosse de 3 500 m3 nous permet d’avoir une autonomie de 9 mois alors que la réglementation ne demande que 6 mois. Très vite nous avons souhaité couvrir la fosse car on ne trouvait pas logique de laisser le lisier se diluer avec de l’eau », explique Christophe Cadio. C’est en se rendant au salon du Biogaz à Rennes en 2017 que les éleveurs découvrent la solution de couverture de fosse proposée par l’entreprise Nénufar.

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Le moteur de cogénération de 36 kW est bien dimensionné pour un élevage de 150 laitières.

Une couverture flottante pneumatique

« Nous installons une couverture flottante pneumatique (inspirée de ce qui existe sur les bateaux Zodiac) sur les fosses à lisier. Ici la fosse fait 31,5 m de diamètre, nous l’avons donc équipée avec une couverture de 30 m de diamètre ce qui lui permet de monter et descendre sans s’abîmer selon les quantités de lisier qu’il y a dans la fosse », décrit Rémy Engel, gérant et fondateur de l’entreprise Nénufar. Cette couverture de fosse a la particularité de récupérer le biogaz qui se dégage habituellement dans l’atmosphère pour le valoriser sur l’élevage. « Nous avons débuté en couvrant les fosses des élevages de porc. Le biogaz récupéré est utilisé pour alimenter des chaudières qui servent à chauffer les salles d’élevage. On ne pensait pas que la production de biogaz serait suffisante pour faire tourner un moteur, mais notre expérience en porc nous a prouvé que cela serait envisageable. » La rencontre avec la famille Cadio et leur envie de couvrir leur fosse avec le système Nénufar en valorisant le biogaz par de la petite cogénération a permis de lancer ce nouveau concept. Le choix s’est porté sur un moteur d’une puissance de 36 kW qui correspond bien à un atelier de 150 laitières et qui permet des démarches de raccordement rapides et peu coûteuses avec Enedis.

880 € de chiffre d’affaires par semaine

Le moteur de cogénération a été démarré en novembre 2019 pour commencer à injecter du courant sur le réseau. Les éleveurs n’ont pas changé leurs habitudes et les vaches continuent d’aller au pâturage. « Le moteur produit en moyenne 4 000 kWh par semaine avec un contrat de revente à 0,22 €/kWh sur 20 ans ce qui fait 880 € de chiffre d’affaires par semaine et 45 000 € par an », chiffre Rémy Engel. Le prévisionnel table sur une économie de gaz pour le chauffage du poulailler de 1 500 à 2 000 €/an. Le rendement biologique est bon car le temps de séjour est long (6 mois) comparé à une méthanisation classique ou le temps de séjour est entre 70 et 80 jours. Le système de canal à lisier avec racleurs est calé sur 7 passages par jour ce qui fait un apport de lisier frais régulier dans la fosse. « La production est supérieure à notre prévisionnel, c’est très encourageant pour un démarrage », témoigne Rémi Cadio. Les éleveurs ajoutent qu’il ne faut pas croire qu’il n’y a rien à faire avec la microméthanisation. Ils estiment le temps de travail à 2 heures par semaine, durée à laquelle il faut ajouter la surveillance quotidienne de l’installation. 

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Christophe Cadio, éleveur ; Rémy Engel, gérant de
l’entreprise Nénufar ; Rémi et Armelle Cadio, éleveurs.
260 000 € d’investissement
Les éleveurs ont investi 260 000 € ce qui comprend : la couverture de fosse, les 3 brasseurs permanents de 15 kW de puissance, le moteur de cogénération de 36 kW posé sur une dalle bétonnée et protégé dans un caisson isolé, le surpresseur, analyseur et système de traitement au charbon actif ainsi que le réseau de chaleur desservant un poulailler de 1 000 m2 et la maison d’habitation. « Le système de refroidissement du moteur permet de chauffer de l’eau qui va prioritairement vers la maison puis dans le poulailler pour alimenter deux aérothermes de 25 kW. Ces derniers servent de chauffage d’appoint pour les dindes. Enfin, la chaleur peut aussi être envoyée vers la fosse ce qui permet de faire gagner environ 5 °C de température, ce qui améliore la production de biogaz », décrit Rémy Engel. Ce projet innovant a été subventionné à hauteur de 32 %, la Région Bretagne a versé 60 000 € et l’Ademe 24 000 €. Le temps de retour sur investissement est estimé à 6 ans (aides déduites).
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