Un engraissement de 2400 places connecté à une méthanisation

L’unité de méthanisation d’une puissance de 527 kW basée à Saint-Nicolas-du-Tertre - Illustration Un engraissement de 2400 places connecté à une méthanisation
La création d’une unité de méthanisation a permis à Vivien Texier de s’installer sur l’exploitation porcine familiale, mais aussi de rapatrier 2400 places d’engraissement qui étaient en façonnage.

Vivien Texier s’est installé sur l’exploitation porcine familiale de Saint-Nicolas-du-Tertre en développant une unité de méthanisation à 3,5 km du site de naissage de 400 truies. La méthanisation développée avec la société Evergaz d’une puissance de 527 kW a été mise en service en 2013. « Ce projet nous a permis de construire des bâtiments pour créer ce site d’engraissement de 2 400 places connecté à la méthanisation », déclare Vivien Texier. L’investissement pour la méthanisation a représenté 3,5 millions d’euros. Les éleveurs ont reçu différentes aides pour mener à bien le projet : 325 000 € PPE (plan de performance énergétique des exploitations agricoles), 180 267 € de l’Ademe, 121 032 € de l’Agence de l’eau Loire Bretagne et 80 000 € du département du Morbihan.

[caption id=”attachment_33396″ align=”aligncenter” width=”720″]Vivien Texier, éleveur de porcs et méthaniseur ;  Alain Planchot, PDG d’Evergaz. Vivien Texier, éleveur de porcs et méthaniseur ; Alain Planchot, PDG d’Evergaz.[/caption]

Une capacité de traitement de 15 000 t/an

La méthanisation traite 100 % du lisier du site d’engraissement et 50 % du lisier produit sur le site de naissage. La capacité de traitement est de 15 000 tonnes par an. « 60 % des intrants sont d’origine agricole. En plus du lisier, nous développons des cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) positionnées entre 2 cultures principales. Nous collectons aussi des déchets agroalimentaires. Pour une partie de ces intrants extérieurs, nous faisons payer une prestation de traitement de déchets aux industriels. Ils y trouvent un intérêt puisque nous sommes moins cher qu’une prestation de traitement par compostage », explique Vivien Texier. Il déplore qu’aujourd’hui certains méthaniseurs proposent aux industriels de traiter leurs déchets sans contrepartie financière.

30% du digestat séché

La chaleur produite par le moteur de cogénération dégage une puissance thermique de 590 kW. Une partie est utilisée pour chauffer l’élevage. « Cette chaleur à notre disposition nous permet d’améliorer nos performances techniques. En chauffant plus on peut se permettre de ventiler plus. Les animaux y gagnent au niveau respiratoire et nous avons amélioré nos indices de consommation », analyse Vivien Texier. L’autre partie de la chaleur produite alimente un séchoir à digestat brut. Il sèche 30 % du digestat produit par la méthanisation pour le transformer en digestat sec dans lequel on retrouve 30 unités d’azote par tonne de matière brute. Cette technique permet de diminuer les capacités de stockage sur le site. « Cette matière est exportée chez d’autres agriculteurs. »

Le reste du digestat brut non séché passe dans un séparateur de phase pour séparer la partie liquide du solide. Au total, ce sont 12 000 tonnes de digestat liquide, 300 tonnes de digestat sec et 1 500 tonnes de digestat solide qui sont produites sur l’unité de méthanisation et qui retournent sur les 1 000 hectares de plan d’épandage avec les prêteurs de terre. « Le digestat qui est épandu sur les 160 ha de notre exploitation nous permet de ne plus acheter d’ammonitrate, ni d’engrais starter », précise Vivien Texier.


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