CulturesTop

Maïs et lablab se mettent à table

La Cuma de la Vallée du Lié a présenté une culture associée de maïs et de haricot lablab. La densité de semis est une des clés de réussite, avec le désherbage et la date de semis.

La parcelle d’essai de maïs associé avec du lablab est sur le point de livrer ses résultats. Sur les terres de Jean-François Maubry, de Plouguenast (22), la culture fourragère complétée de la légumineuse est prometteuse : les feuilles atteignent la taille de la paume d’un main, la tige a atteint le panicule mâle. « Le haricot est resté assez bas pendant la croissance du maïs, puis a grimpé au fur et à mesure », explique Jérémy Bonte, chef des ventes pour le semencier Semental. Le semis au 20 mai a été réalisé par un mélange des 2 types de cultures dans le même rang, à une densité égale de 80 000 graines /ha. À cette densité, le coût de la semence de haricot est estimé à 95 €/ha.

Cette implantation un peu plus tardive dans la saison est nécessaire pour obtenir les 12 à 13 °C dans le sol. « C’est une espèce hypersensible au gel, il faut s’interdire de semer avant le 10 mai », précise Jérémy Bonte.

Désherbage délicat

Si le désherbage mécanique est tout à fait possible dans cette association de végétaux, la maîtrise du salissement par la chimie doit faire l’objet de toutes les précautions. Dans cet essai, la culture a pu être nettoyée à l’aide d’un passage de houe, « quelques jours après le semis », selon Jean-François Maubry, qui fait partie d’un groupe 30 000 agriculteurs qui limitent l’utilisation de produits phytosanitaires. Le programme de désherbage à base de Benta 480 SL a ensuite précédé le passage d’une bineuse. « Il faut parfaitement rincer le pulvérisateur », explique Jérémy Bonte, car le haricot ne supporte pas les molécules utilisées classiquement sur maïs en pur. En cas de phytotoxicité et « si la tige reste verte, le haricot repartira », rassure toutefois le responsable. Côté stade de récolte, « c’est le stade du maïs qui donne le tempo. Il faut noter que le haricot va tout de même diminuer la matière sèche de 2 à 3 points », conclut-il. Le lablab permet de diminuer la part de soja dans la ration des vaches, mais joue aussi sur la digestibilité de l’ensilage grâce à un aliment plus frais, riche en fibres vertes.

En attendant l’inoculant
Comme toutes les légumineuses, le lablab construit ses nodosités à l’aide de bactéries, en symbiose. Comme la culture est encore très peu développée en Europe, cette bactérie essentielle n’est pas présente dans les sols. « L’inoculant spécifique fonctionne, mais n’est toujours pas autorisé à la vente. Il faut fertiliser davantage la culture associée, de l’ordre de 40 unités d’azote supplémentaires ». Une fois les autorisations de mise sur le marché obtenues, cet inoculant permettra de faire l’impasse sur les apports d’azote. Les reliquats post-récolte seront aussi observés, « et pourront être bénéfiques pour la culture suivante, comme une céréale ». Semental travaille sur des variétés encore plus précoces et vigoureuses, qui pourraient conduire à produire plus de matière azotée à l’ha. « L’idée n’est pas de faire arriver les gousses à maturité. C’est bien l’ensemble des tiges et des feuilles qui produisent cette matière azotée », fait observer Jérémy Bonte. Le lablab a une courbe de MAT constante, qui augmente jusqu’à sa pleine maturité.
Mots-clés

Peut vous intéresser

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer