Energies et environnement

Des panneaux au sol pour réduire la facture d’électricité

Les agriculteurs peuvent installer des modules photovoltaïques au sol pour autoconsommer l’énergie produite. L’investissement est d’environ 1€/watt et il suffit d’une déclaration de travaux en mairie.

Un éleveur de pondeuses du nord des Côtes d’Armor vient de s’équiper d’une installation photovoltaïque au sol en vue de produire une partie de l’électricité nécessaire à son élevage. « Dans un premier temps nous prenons les consommations électriques de base de l’exploitation pour dimensionner au mieux l’installation et déterminer quel est le nombre de tables photovoltaïques que nous pouvons installer », explique Mickaël Chevance, ingénieur pour l’entreprise Quénéa Énergies Renouvelables, basée à Carhaix, qui est en charge de ce projet. Une table photovoltaïque est composée de 22 modules pour une puissance totale de 7,26 kW. L’installation doit avoir le moins de rejet possible de courant sur le réseau car il n’y a pas de contrat de rachat de l’électricité produite. « Les panneaux ne coûtant plus très cher, nous surchargeons les onduleurs afin de diminuer le coût du kWh. »

Tout arrive prémonté

Cette solution en autoconstruction baptisée Solheolpro, permet à l’agriculteur de se faire accompagner à chacune des étapes du projet par l’installateur. La structure sur laquelle reposent les panneaux photovoltaïques est standardisée. Quénéa forme les agriculteurs au montage des tables solaires afin de réduire les coûts d’installation. « C’est comme un meccano, tout arrive prémonté et il suffit d’une clé de 19 et une de 17 pour tout assembler », assure Mickaël Chevance. Le montage des 8 tables a pris 2 jours à 2 personnes. La pose des modules et le câblage sont assurés par une équipe de chez Quénéa et il leur faut 3 jours à 2 personnes pour une installation de cette puissance. La partie basse de la structure est à 70 cm du sol et la partie haute est à 1,80 m. Sur ce site, 8 tables photovoltaïques ont été montées pour une puissance totale de 58 kWc qui va fournir 10 % des besoins actuels en électricité et 15 % lorsque l’élevage se sera restructuré avec une production d’œufs alternatifs en remplacement du système cage. Les panneaux sont orientés sud-est -15° avec une inclinaison à 20°. L’étude d’arrachement préalable faite par le fabricant indique la quantité de béton nécessaire pour assurer un bon ancrage de la structure au sol. « D’ici quelque temps nous pourrons ne plus faire de béton et utiliser de très grandes vis pour fixer la structure si la nature du sol le permet », précise l’ingénieur.

Un investissement de 1 €/watt

L’investissement est de l’ordre de 1 €/watt, c’est légèrement plus élevé qu’une installation sur bâtiment car il y a beaucoup d’acier pour les structures, du béton et la partie câblage qui est plus importante. C’est une solution adaptée pour des sites d’élevage avec des bâtiments inappropriés à recevoir une installation photovoltaïque. « Nous installons des appareils de limitation de puissance qui coûtent assez cher afin de brider la production lorsqu’il n’y a pas ou peu de consommation. Nous signons une convention de raccordement avec Enedis qui stipule que l’on n’injectera pas d’électricité sur le réseau. Pour monter ce type d’installation il suffit de faire une déclaration de travaux en mairie. » Ce système est intéressant car il est évolutif par palier de 7 kW ce qui permet d’affiner plus les projets en comparaison aux trackers qui ont une puissance bien définie. « Pour des projets agricoles, le minimum est souvent d’installer 4 tables, soit 29 kW mais il nous est aussi arrivé de chiffrer une seule table », conclut Mickaël Chevance.

5538.hr
Mickaël Chevance, ingénieur pour l’entreprise Quénéa Énergies Renouvelables
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