Élevage

Contre les mammites d’environnement, un tapis qui diffuse des bactéries

Bioret-Agri a mis au point un tapis en caoutchouc équipé d’un système de diffusion de bactéries. Objectif : maîtriser la flore bactérienne pour éviter les mammites et la maladie de Mortellaro.

Lutter contre les bactéries par d’autres bactéries, l’idée n’est pas neuve. Mettre au point un dispositif dans les élevages laitiers, c’est nouveau en revanche, et c’est le travail qu’a mené l’entreprise Bioret-Agri, à Nort-sur-Erdre (Loire-Atlantique). Le dispositif Bacti-contrôle, breveté cette année, sera commercialisé à partir de janvier prochain.

Il s’agit d’un tapis de caoutchouc qui est installé dans la stabulation sur toute la longueur du quai d’alimentation. Un tube vulcanisé perforé le traverse sur toute sa longueur, au niveau des pattes arrière des animaux, permettant de diffuser en goutte-à-goutte une solution bactérienne. Pas n’importe quelles bactéries évidemment, il s’agit d’un noyau de souches sélectionnées et élevées en laboratoire. Le dosage et l’aspersion sont entièrement automatisés. « Le but est de maîtriser la flore bactériologique sur le sol en contact avec l’animal, résume Jean-Vincent Bioret, patron de la PME. On n’est pas dans une stratégie bactéricide, il s’agit juste de remplacer les colonies de bactéries par d’autres bactéries ». La microflore diffusée colonise et sature peu à peu le sol, le couchage et les sabots, utilise les pieds des vaches eux-mêmes comme vecteur d’ensemencement. Cela permet de bloquer l’installation et la prolifération de pathogènes, notamment les tréponèmes responsables de la maladie de Mortellaro et les staphylocoques à l’origine de mammites d’environnement.

5968
Une solution bactérienne est diffusée en goutte-à-goutte aux pieds des vaches, pour bloquer l’installation et la prolifération de pathogènes. (crédit photo Bioret agri)

« Quinze minutes par semaine »

Moins de pathologies, d’infections par les pododermatites et les mammites d’environnement, c’est moins de pertes de production, promet la PME nortaise. C’est aussi moins de traitements antiseptiques ou antibiotiques, pour l’éleveur. Quant à la maintenance de l’équipement, il y a peu d’interventions à prévoir certifie Jean-Vincent Bioret : « Un quart d’heure par semaine » seulement, promet-il. Il s’agit de mélanger un sachet ou seau de poudre à de l’eau dans un bol. Un dosatron est fixé au bol pour aspirer la bonne quantité de bactéries. Il faut compter 146 € par mètre linéaire de marche d’alimentation + tapis, ou 75,50 € pour le tapis (pour les élevages déjà équipés d’une marche d’alimentation avec pente à 3 %). À cela, rajouter le prix de la machinerie (pompes doseuses, électrovannes…) : 2 500 €.

Le dispositif bacti-contrôle existe également pour les salles de traite. Même principe, un tapis de caoutchouc traversé d’un tube vulcanisé. La différence est dans le système de diffusion des bactéries. Il ne s’agit pas cette fois d’un goutte-à-goutte, mais d’un mini-jet. Les vaches passent moins de temps en salle de traite qu’aux cornadis, il faut donc une diffusion plus importante.

Antoine Humeau

Mots-clés

Peut vous intéresser

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer