Cultures

Bien enracinée, la prairie donne le meilleur

Pourtant essentielles, les racines sont la face cachée du végétal. Comment, à l’automne, relancer ces organes souterrains incontournables ?

La croissance des racines dépend à la fois des conditions physico-chimiques du sol et des pratiques agricoles. En effet, un sol frais favorise à la fois la pénétration par les extrémités racinaires et l’élongation des cellules (turgescence) tandis qu’un sol grumeleux va stimuler une ramification importante du système racinaire.
À l’inverse, un sol gorgé d’eau et donc privé d’oxygène crée des conditions défavorables aux racines (effet inhibiteur de la solubilisation de l’aluminium) entraînant une forte limitation de la croissance des racines jusqu’à la disparition de certaines espèces. C’est ce qui s’est passé cette année par exemple avec un hiver très humide suivi d’un printemps sec en mai.

Extrait de plantes et thé de compost

Rappelons que le printemps et l’automne, périodes de minéralisation où la vie du sol est la plus active, sont deux moments essentiels pour favoriser l’enracinement des plantes prairiales. En lien avec la valorisation de l’herbe, ce sont aussi deux périodes où le tallage des graminées sera favorisé par une bonne gestion du pâturage, en évitant surtout tout surpâturage. Notons que quatre éléments ressortent. Les déjections animales peuvent restituer une bonne part de ses éléments mais selon les sols et les ressources, d’autres apports boostant l’enracinement peuvent être intéressant à étudier pour un bon enracinement : phosphore, potasse, bore et molybdène.
Par ailleurs, pour booster cet enracinement, d’autres types d’apports sont à étudier de plus près tels que les acides humiques et fulviques (composés carbonés issus de l’humus) sous forme de thé de compost. Les acides humiques dynamisant les racines latérales tandis que les acides fulviques favorisent leurs allongements en profondeur.

De même, l’épandage d’extraits de plantes (ortie, laminaire, consoude) offre une fourniture conséquente en minéraux, oligo-éléments, phytohormones et acides aminés (effet stimulant de l’arginine et de la méthionine) en faveur d’une meilleure exploration du sol par le système racinaire. Les périodes les plus propices pour intervenir sont celles en lien avec la pousse racinaire : sortie hiver et automne.

L’automne, bien sous tous apports

L’automne, en particulier, est une saison très intéressante car c’est le moment de reconstituer les réserves en éléments du sol : les apports (fumier composté, thé de compost) vont rester dans le sol et se décomposer pour n’être assimilables qu’à la reprise au printemps, notamment pour le phosphore et la potasse qui sont rendus lentement accessibles aux plantes. On recommande spécialement un apport de fumier vieilli à l’avant-dernier passage des vaches au pâturage ou après la dernière fauche.

Apports de saison
En sortie d’hiver et au printemps, les apports de lisier, extraits de plantes et thés de compost ont pour objectif de créer de la densité racinaire et foliaire. En début d’été, thés de compost et extraits de plantes prépare les plantes au stress hydrique. À l’automne, fumiers, thés et extraits servent à recréer les réserves racinaires et redémarrage au printemps.

Florent Cotten/ PâtureSens

Mots-clés

Peut vous intéresser

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer