Energies et environnement

Méthanisation : Tout mettre en œuvre pour éviter les accidents

La pollution de l’Aulne, suite à l’accident survenu sur l’unité de biogaz de Châteaulin (29), « n’est pas normale », selon André Sergent, qui préconise de construire des solutions de protection.

« Les accidents peuvent arriver dans des élevages ou des méthaniseurs, même dans des installations sécurisées et aux normes », note André Sergent, président de la Chambre régionale d’agriculture. Le Finistérien installé en lait et porc à Beuzec-Cap-Sizun (29) a souhaité réagir suite à la pollution de cours d’eau à Châteaulin (29), due à une fuite de l’unité de biogaz. Ces accidents arrivent « dans des installations où des fluides circulent. Mais ces unités ne sont en aucun cas vétustes ».
Pour autant, le responsable professionnel estime que « ce qui s’est passé à Châteaulin n’est pas normal. Pour éviter ces accidents, j’invite chaque agriculteur à imaginer ce qui peut se passer si un incident survient dans sa propre structure. Il existe des solutions de protection ».

Anticiper avant la catastrophe

Quentin, fils d’André Sergent, gère l’unité de méthanisation Cap Métha adossée à l’élevage familial. Sur ce site produisant 220 kWh d’électricité, les solutions de protection préventives sont bien en place, comme une lagune « de 3 600 m3, soit de quoi recevoir la totalité de la plus grande cuve de stockage en cas d’accident ou d’action malveillante », explique-t-il. Pour pallier un éventuel problème de cette lagune, les associés ont décidé de construire une digue supplémentaire qui sera prochainement arborée, et qui « empêche un déversement dans la rivière proche ». Ces ouvrages, non règlementaires, sécurisent l’ensemble. « Personne n’est à l’abri d’un accident, mais on se doit de se protéger des pollutions. Le site de Châteaulin dispose d’une lagune, mais pas d’une digue », ajoute André Sergent.

Peu de cultures dédiées à la méthanisation

« La méthanisation entre dans une logique vertueuse, en valorisant les déchets organiques, mais aussi en ayant un impact sur les rotations de cultures, l’autonomie protéique. C’est l’opposé du modèle allemand, qui a été conçu avec des cultures dédiées à la méthanisation. Ici, les cultures entrant dans la ration du méthaniseur se situent entre 0 et 5 %. Les Cive captent le carbone et diminuent notre impact environnemental », estime Quentin Sergent.
Cap Métha s’apprête à mettre en route un bâtiment pour le séchage de divers grains, comme du maïs ou du blé noir, mais aussi du séchage à plat pour de la luzerne ou du trèfle. Une réflexion est aussi portée sur du séchage de bois plaquette.

Un territoire particulier
La France compte près de 700 installations de méthanisation, rien à voir avec les milliers de sites que compte l’Allemagne. « Les incidents arrivent aussi dans ce pays, mais le territoire est différent. La Bretagne possède de nombreux petits cours d’eau, ce pas le cas chez les Allemands », fait observer André Sergent.
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